::+:: VIDEO - Le pape François a-t-il révolutionné l’Église ?

Il y a cinq ans, le 19 mars 2013, le pape François célébrait la messe inaugurale de son pontificat devant un parterre de 300 000 personnes et de nombreux chefs d’État. Retour sur ces cinq ans de pontificat.


Dès son élection, le 13 mars 2013, Jorge Bergoglio créait la surprise en s’adressant par un simple bonsoir à la foule massée sur la place Saint-Pierre. Lui, le nouveau pape, s’inclinait pour demander qu’on prie pour lui. Ces gestes inédits, les premiers d’une longue série, donnaient le ton de la réforme pour laquelle les cardinaux l’avaient élu.


Alors, cinq ans après, le pape François a-t-il révolutionné l’Église ? Faisons le tour de la question.

Dès le début, ce pape venu d’Argentine, le premier pape originaire d’Amérique latine, a fait souffler un vent nouveau sur l’Église. Ses gestes, son attitude, sa simplicité, son sourire chaleureux et sa poignée de main franche ont soulevé une adhésion totalement inattendue. Car le pape François, c’est d’abord un style. Et ce style a contribué à changer l’image de l’institution, après les années Benoît XVI, marquées par la difficulté du pape allemand à faire passer son message, malgré son intelligence et sa hauteur de vue.

Dès le début, le pape François a voulu montrer quelle Église il souhaitait façonner, lui qui a refusé de s’installer dans les palais du Vatican pour loger à la résidence Sainte-Marthe. Lui qui a choisi comme premier déplacement hors du Vatican la petite île de Lampedusa pour rendre hommage aux « immigrés morts en mer ». Cette Église, si longtemps accusée d’être riche et conquérante, François la veut modeste, humble, proche des pauvres et des plus petits. Une Eglise écolo, ouverte à tous, sans jugement blessant ou dogmatique. Cinq ans après, la popularité du pape n’a pas faibli. Et ce succès d’estime est déjà une révolution.

Mais François avait aussi une autre mission : réformer la Curie, le gouvernement de l’Église, comme le lui avaient clairement demandé les cardinaux au conclave. Tâche immense que certains comparent au nettoyage du Sphynx d’Égypte avec une brosse à dents. Pour cela, il s’est entouré de neuf cardinaux, le C9, une sorte de conseil des ministres. Et pour commencer, le nerf de la guerre, il a remis de l’ordre dans les finances. Le Vatican n’est plus un paradis fiscal ni, l’IOR, sa banque, une officine de blanchiment. Les services de communication ont été modernisés, certains ministères fusionnés.

Mais comme dans toute organisation humaine confrontée au changement, le pape s’est heurté à des résistances. C’est sans doute dans la lutte contre la pédophilie, le nœud de sa réforme, qu’on le voit le plus. En 2014, il créait une commission spéciale. Quatre ans après, les experts les plus en vue ont jeté l’éponge devant ce qu’ils nomment « l’inertie » de l’Église. Plusieurs évêques mis en cause pour leur mauvaise gestion du dossier sont toujours en place.

Pas facile de changer un système habitué depuis des siècles à fonctionner à huis clos, sans rendre de compte à personne… Ce cléricalisme, le pape ne cesse de le dénoncer chaque année à Noël devant les cardinaux. Mais c’est une culture bien ancrée.

Car plus que tout, la réforme de François cherche à faire bouger les mentalités. Et c’est bien cela qui est lent. Il sait bien qu’on ne réforme pas une institution d’un milliard de croyants en cinq minutes. Pas de révolution, donc, mais ce qu’il veut, c’est impulser des processus irréversibles.

Céline Hoyeau et Bruno Bouvet / La Croix

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