::+:: Trois millions d’immigrés catholiques dans la péninsule arabique


En Arabie Saoudite, vivent 1 500 000 immigrés catholiques provenant du Liban, de Syrie, d’Egypte, d’Irak, de l’Inde, des Philippines, du Sri Lanka,… Même chiffre et même profil dans les Emirats et autres sultanats de la Péninsule.

Ces ouvriers travaillent dur sur des chantiers permanents de construction gigantesques, ils se situent tout en bas de l’échelle sociale du pays. Ainsi, en raison des besoins illimités dans la construction et les travaux publics des pays de la Péninsule, des quantités impressionnantes d’étrangers « infidèles » s’activent sur ce territoire dont le prophète avait dit avant de mourir : « deux religions ne doivent pas coexister sur la terre sacrée de l’islam ! » (Il avait déjà bien préparé le terrain en massacrant, en convertissant ou en assujettissant juifs et chrétiens autochtones).

Paradoxalement, en ce 21ème siècle, il y a donc plus d’étrangers que d’autochtones en Arabie. Par exemple, à Dubaï, il y a 85% d’étrangers ! Plus globalement, la moitié du total des catholiques du Moyen Orient se situent en Arabie.

Certains états de la Péninsule arabique tolèrent plus ou moins la présence des chrétiens, l’Arabie saoudite réprime non seulement les droits religieux mais aussi les droits sociétaux que l’Europe accorde généreusement à ses immigrés (aides sociales, regroupement familial, droits d’association, etc). Donc en Arabie Saoudite, il y a interdiction formelle d’importer une bible, interdiction de construire une église et interdiction de célébrer une messe. La police religieuse antiblasphème (mouttawas) veille.

Sur le même registre des prescriptions religieuses, si un chrétien est amputé d’une jambe à l’hôpital ou opéré d’une partie du corps, les résidus organiques « impurs » de l’infidèle doivent être au plus vite exportés hors de la terre d’islam qui ne supporte aucune pollution sur son sol sacré (décret officiel détaillé du régime saoudien).

Pour l’Arabie Saoudite et les Emirats du Golfe, deux vicaires apostoliques sont en charge de ces communautés catholiques nombreuses : un missionnaire italien, Mgr Camillo Ballin, et un capucin suisse, Mgr Paul Hinder. Dans des conditions différentes, ils gèrent leur ministère comme ils le peuvent en fonction des prérogatives locales. Ils ont chacun la charge pastorale de ces millions de catholiques, surtout asiatiques, qui sont là pour gagner durement la vie de leurs familles restées au pays. Ces immigrés vivent difficilement dans des conditions de travail éprouvantes et un isolement affectif et spirituel débilitant.

Mgr Hinder, responsable des communautés catholiques des Emirats, du Sultanat, du Yemen, de Bahreïn, du Qatar et de l’Arabie Saoudite, fait remarquer qu’en Suisse il y 200 mosquées pour une population musulmane cinq fois inférieure au nombre de chrétiens recensés dans son vaste Vicariat, qui n’a droit au total qu’à 20 églises !

A Bahrein et Oman, les églises existent mais ne doivent pas avoir de signe distinctif à l’extérieur (pas de croix), les cloches sont strictement interdites, et l’accès évidemment prohibé aux passants musulmans.

Mgr Ballin a reçu quant à lui l’autorisation du roi Hamad bin Hassa al Khalifa de construire une église catholique dans l’émirat, malgré la vigoureuse opposition de groupes islamistes locaux. Il estime que cela rendra la vie des fidèles un peu plus soutenable, grâce à de belles célébrations dans un lieu digne et accueillant.


par Abbé Alain ARBEZ / Dreuz.info


Abbé Alain Arbez
Educateur spécialisé, curé de paroisses à Genève-centre, relations avec le judaïsme Genève depuis 20 ans, membre de la commission judéo-catholique des Evêques suisses (Lucerne). 

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