::+:: Les chrétiens algériens face aux discriminations


La béatification de 19 religieux tués lors de la guerre civile des années 90 offre une reconnaissance internationale à la communauté catholique algérienne. Sa situation est compliquée : si la liberté de culte est reconnue en droit, en pratique les discriminations et poursuites judiciaires sont nombreuses. Les persécutions ont deux sources principales : l’État et l’islamisme.

L’Etat algérien n’est pas particulièrement démocratique. Il est situé à la 128e place dans le classement des démocraties par le magasine anglais The Economist. Celui-ci qualifie l’Algérie de régime autoritaire. La constitution reconnaît cependant des principes et libertés comme celle de culte. L’islam reste la religion de l’état. Le président Abdelaziz Bouteflika s’appuie de plus en plus sur les forces armées et la police afin de se maintenir au pouvoir à 81 ans. Cette force de la police ne laisse pas aux chrétiens beaucoup de liberté. En 2016, un évangélique a été condamné à trois ans de prison pour avoir publié des images « portant atteinte à l’islam et au prophète ». Sa demande de remise en liberté pour raison de santé et bonne conduite a été refusée en octobre 2017. La justice poursuit assidûment tous les comportements déviants. Les exemples sont légions : une action a été attentée en 2010 contre deux ouvriers ayant déjeuné pendant le ramadan ou encore l’interdiction de prosélytisme est facilement utilisée contre les chrétiens. Dans la pratique même, les lieux de cultes n’ont pas forcément d’agrément.


La montée de l’islamisme

Ce qui a déclenché la décennie noire, c’est la confiscation du pouvoir alors qu’un parti islamiste avait légitimement gagné les élections. Un islamisme est donc présent dans la société depuis longtemps. Cependant il s’exprime aujourd’hui avec plus de force. Le déséquilibre qu’amène le chaos dans la Libye voisine y participe. Les discriminations économiques, sociales sont de plus en plus nombreuses pour les quelques 70 000 chrétiens. Les musulmans convertis subissent une pression forte pour qu’ils reviennent vers l’islam. Même si le président Bouteflika a déclaré le 7 mars 2018 : « il faut faire un effort intensif sur le plan culturel, d’information et d’orientation religieuse, pour neutraliser l’extrémisme et sauver la jeunesse », il n’est pas sûr que le changement soit rapide.

par Thibault Lecoq / Radio Notre Dame 




Le Père Paul-Elie Cheknoun

Le père Paul-Elie Cheknoun, qui témoignera à la Nuit des Témoins de l’Aide à l’Église en Détresse le 16 mars prochain a vécu cette histoire et la partagera.



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