::+:: La visite marathon du pape François chez Padre Pio

ROLF HAID / picture alliance / DPA

De la chapelle des stigmates à l’hôpital des corps et des âmes, en passant par le sanctuaire, le Saint-Père, en à peine six heures, va parcourir l’une des vies les plus troublantes de tous les saints.

Il y a 50 ans cette année que saint Padre Pio (1887-1868) est décédé, et 100 ans que le saint le plus populaire d’Italie a reçu les premiers stigmates de la Passion du Christ sur son corps. Un double anniversaire que le pape François a décidé de commémorer en se rendant sur les lieux mêmes de la vie du saint ce 17 mars, dans les Pouilles. Pour un moment de recueillement dans la chapelle des stigmates, à Piana Romana de Pietrelcina, sa ville natale, et sur la dépouille du saint au sanctuaire Sainte-Marie-des-Grâces à San Giovanni Rotondo. Entre les deux, une visite à la Casa Sollievo della Sofferenza, hôpital fondé par Padre Pio. Tout cela en moins de six heures, selon les derniers détails du programme communiqués par le Vatican. Découvrez les trois destinations phares de la visite de François :

La Chapelle des stigmates

http://www.cappuccinipietrelcina.it/

En partant de la chapelle des stigmates, le pape François se rend à l’endroit-même où Padre Pio, en 1910, a reçu ses premiers stigmates qu’il sent mais ne voit pas. Leur invisibilité durera 8 ans. C’est donc sur la terre familiale de Padre Pio que se rend le Saint-Père. Aujourd’hui elle est propriété de sa nièce. Les premiers stigmates remontent au 7 septembre. Francesco Forgione, de son vrai nom, n’avait que 23 ans et venait d’être ordonné. Assis sur un tronc d’arbre il est en train de prier, quand soudain se manifestent les premiers symptômes « invisibles » qu’il ne confiera qu’à son directeur spirituel, un an plus tard, lui signalant l’apparition épisodique de « signes rouges et de douleurs vives aux mains et aux pieds ». C’est pour marquer cet événement qu’un de ses amis d’enfance, Mercurio Scocca, en 1958, a fait ériger la Chappelle autour du tronc et l’a dédiée à saint François d’Assise. Aujourd’hui l’allée d’oliviers qui conduit à la petite église est parcourue par de plus en plus de pèlerins. François sera le premier pape de l’Histoire à se rendre dans cette chapelle.

Le sanctuaire Sainte-Marie-des-Grâces

By Matteo Cozzi | Shutterstock

À San Giovanni Rotondo, le pape François rejoindra le grand sanctuaire Sainte-Marie-des-Grâces inauguré le 1 juillet 2004, à côté de l’ancienne église conventuelle de même nom. Rattaché au couvent des capucins, c’est là que Padre Pio a vécu de 1916 à 1968, l’année de la mort. Et ici qu’il a reçu ses premiers stigmates bien « visibles ». C’était comme « un glaive de feu qui transperça mon âme et fit brûler mon cœur d’un amour ardent pour Jésus », a-t-il dit à son confesseur en décrivant ces plaies. Des plaies sanguinolentes, aux mains, aux pieds et au thorax, mais également à l’épaule causée par le poids de la croix, cette dernière, la plus douloureuse, révélée beaucoup plus tard à Karol Wojtyla, futur pape Jean Paul, lors d’une visite de celui-ci en 1947.

Dans ce sanctuaire repose la dépouille de Padre Pio, transférée il y a quelques années de la crypte du vieux Sanctuaire à celle du nouveau complexe, inaugurée par Benoit XVI en 2009. Tout le monde appelle le nouveau sanctuaire « l’église de Padre Pio ». Le 3 mars 2008, le Vatican a fait procéder à l’exhumation du corps de Padre Pio. Celui-ci a été déclaré en bon état de conservation générale, y compris ses mains. Depuis 2013, le saint est exposé sous verre de façon permanente à la vénération publique. À l’occasion du Jubilé de la miséricorde, le pape François a personnellement souhaité l’exposition de son corps dans la basilique Saint-Pierre, du 5 au 11 février 2016.

L’hôpital de la miséricorde

Itto Ogami ( CC BY 3.0 ) via Wikimedia Commons

Et comment peut-il en être autrement que le pape de la miséricorde se rende aussi à l’hôpital de la « miséricorde » comme on appelle le centre hospitalier Casa Sollievo della Sofferenza, édifié entre 1946-1956, par un industriel italien, Emanuele Brunatto. Ce dernier se revendiquait « le plus grand pécheur converti par Padre Pio » et fut son ardent défenseur pendant ses démêlées avec sa hiérarchie. Dans ce lieu, on ne prodigue en effet pas que des soins. On réconforte les corps et les âmes malades. « Une graine a été déposée sur terre et Il la réchauffera de ses rayons d’amour », déclare le saint frère capucin à son inauguration. « Grâce à cette œuvre, le malade doit pouvoir rencontrer le mystère de l’amour de Dieu par l’apprentissage d’une sagesse qui lui permette d’accepter ses épreuves dans la sereine méditation des souffrances du Christ ». Aujourd’hui cet hôpital est considéré comme l’un des hôpitaux les plus efficaces d’Italie et d’Europe. 2 572 personnes, dont 520 médecins, 1791 infirmières et autres, le font tourner de manière exemplaire.

 Isabelle Cousturié | ALETEIA


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