::+:: Bible : Modèle de discrétion


Dans ce monde agité qui est le nôtre, l’ivresse du bruit, la peur du lendemain, la perte de repères font de nous des êtres toujours « à côté », jamais à l’aise, jamais en lien avec la vérité, jamais en repos. Et pourtant, nous savons bien que l’artificiel n’est pas notre milieu naturel. Celui-ci semble nous attirer en même temps qu’il nous fait peur. Et si nous osions le pas ?

Évangile de Marc 1, 29-39

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. » Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.


Les trois textes de ce jour (Jb 7, 1 ; 1Co 9 ; Mc 1, 29-39) pourraient être vus comme trois moments clés de nos vies de Foi. Trois moments qui se répètent… mais jamais à l’identique. Trois moments qui se superposent et s’enrichissent inlassablement de toutes nos expériences passées.

Ainsi, comme Job, nous constatons l’existence inexplicable du mal, ces injustices profondes qui détruisent des vies, ces conflits déséquilibrés où le mauvais s’en sort mieux que le bon, ces maladies qui font souffrir, ces départs à jamais qui arrivent toujours trop tôt, ces catastrophes qui ravagent. Que reste-t-il alors si ce n’est le questionnement, le doute, voire la colère ? C’est alors qu’émerge la Foi, cette prise de conscience que ce Dieu n’est pas le héros d’une histoire pour enfants, un sparadrap pour les peureux de l’existence mais plutôt une présence réelle qui soutient et une Espérance profonde qui fait avancer… malgré tout.

De ce moment si fort, au coeur de nos vies, de cette expérience de Dieu où l’on semble toucher l’invisible, naît cette envie de partager notre Foi et notre Espérance, puis de tendre la main avec Charité, comme sans effort. Avec Paul, nous annonçons alors l’Évangile, en toute simplicité, par nos mots et nos vies. Juste parce que c’est grand, que c’est beau et que ça nous dépasse.

Bousculant et bousculés, certains vont ressentir l’appel du silence d’après Marc, l’envie de faire une pause pour réfléchir, mais aussi comme pour se reconnecter à ce qui semble être une source d’eau vive qui désaltère et ravive. Le besoin naît alors de rentrer en intimité avec celui qui nous a touchés. Dans la prière et la relecture de nos vies, nous découvrons, parfois avec un peu de surprise, les traces de ce Dieu qui relève, rendant fierté et statut à ceux qui n’en avaient plus. Et que dire de cette guérison si étonnante, cette inspiration au bon moment, ce coup de chance… Tiens, coup de chance… Vraiment ? Comme Jésus parcourant la Galilée, Dieu-Christ-Esprit guérit, soulage et inspire. Comme Jésus annonçant le Royaume, Dieu nous en donne des étincelles.

Oui, ce n’est que si nous cherchons que nous trouvons l’agir de Dieu ! Il travaille mais dans l’ombre, sans tambour ni trompette. L’humilité de Dieu peut paraître surprenante. Le Dieu des chrétiens semble ne pas vouloir s’imposer, ni demander de rétributions en retour. Il est si discret qu’on en vient à penser qu’il nous laisse libre… de croire en lui… Dieu ne fait pas de prosélytisme. « Venez et voyez », dit Jésus (Jn 1, 39). « Allez de maison en maison, et, si vous n’êtes pas accueillis, secouez la poussière de vos pieds et allez voir plus loin. » (Mt 10, 14.) Dans cette mission, Dieu ne nous met pas non plus la pression. Sur nous, le joug est facile à porter et le fardeau est léger (Mt 11, 30). Peu importe, l’important c’est d’essayer en gardant l’humilité de celui qui sait qu’il croit et ne croit pas qu’il sait ! C’est aussi cela la paix en Dieu.

Anne-Joelle PHILIPPART / Témoignage Chrétien

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