::+:: Qu’est-ce que le péché contre l’Esprit Saint ?

Esprit Saint ©Leemage.com

«Tout péché, tout blasphème, sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas pardonné » (Mt 12, 31). Ce péché contre l’Esprit Saint a fait couler beaucoup d’encre et provoqué bien des angoisses ! Ces fortes paroles font suite à des miracles accomplis par le Christ qui dérangent la « bien-pensance » de la classe religieuse. Avant de parler du péché contre l’Esprit, Il proclame la bonté du Père qui donne à chacun ce dont il a besoin. Enfin, ces paroles s’inscrivent dans le cadre de combats spirituels au cours desquels Il exorcise des personnes. Cela provoque une fois encore la colère des Pharisiens qui L’accusent de chasser Satan au nom de Satan.

Ce contexte biblique nous permet de mieux saisir l’importance de ces paroles. Au milieu d’une surabondance de signes miséricordieux et de paroles sur la bonté du Père, Jésus met en garde contre un endurcissement possible qui peut aller jusqu’à l’extrême : refuser que l’Esprit nous enseigne et nous touche. Autrement dit, « le “blasphème” ne consiste pas à proprement parler à offenser en paroles l’Esprit Saint ; mais il consiste à refuser de recevoir le salut que Dieu offre à l’homme par l’Esprit Saint » (Jean-Paul II).

Cela signifie que le péché contre l’Esprit a une double dimension. La première consiste à refuser la mise en lumière du péché par l’action de l’Esprit. L’intelligence se dérobe systématiquement à la révélation du péché, révélation qui se fait à travers les rencontres et les circonstances de la vie par lesquelles l’Esprit Saint nous enseigne intérieurement. C’est ce qu’on appelle le refus de la « manifestation du péché ».

"Jésus met en garde contre un endurcissement possible
qui peut aller jusqu’à l’extrême."

Il s’agit d’une « résistance intérieure, presque [d’]une impénétrabilité de la conscience, [d’]un état d’âme que l’on dirait durci en raison d’un libre choix. C’est ce que la Sainte Écriture appelle “l’endurcissement du cœur ”», écrit saint Jean-Paul II. Cela correspond de nos jours à la « perte du sens du péché » qui va de pair avec la « perte du sens de Dieu ». Et de conclure : « L’Église demande que le dangereux péché contre l’Esprit laisse la place à une sainte disponibilité à accepter sa mission de Paraclet lorsqu’Il vient “manifester la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement” » (Jn 16, 8).

Une fois le péché mis en évidence, la seconde dimension du péché contre l’Esprit Saint se réalise par le refus de la miséricorde de Dieu. « Si Jésus dit que le péché contre l’Esprit Saint ne peut pas être remis ni en ce monde ni dans l’autre, c’est par-ce que cette “non-rémission” est liée à la “non-pénitence”, c’est-à-dire au refus radical de se convertir et d’accueillir le pardon de Dieu. » Selon les mots du pape François, « le Seigneur pardonne tout ! ». Mais on peut se montrer fermé au pardon. « On ne veut pas être pardonné ! On ne se laisse pas pardonner ! » C’est pourquoi il est si important de demander au Seigneur un cœur qui sache écouter et se laisser enseigner ; une conscience qui se laisse éclairer ; et finalement, un cœur contrit qui accueille avec joie la miséricorde du Seigneur ! 

Père Nicolas Buttet / Famille Chrétienne

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