::+:: Le « chant » de la Terre a enfin été enregistré



La Terre chante, c’est définitivement prouvé. Une équipe de géophysiciens européens a enfin réussi à enregistrer le bourdonnement produit par la planète bleue. Dans leur étude publiée dans la revue scientifique Geophysical Research Letters, les scientifiques expliquent qu’ils ont pu enregistrer « l’oscillation libre » de la Terre à l’aide de 57 sismomètres placés au fond de l’océan. Une première.


De fin 2012 à fin 2013, les appareils placés sur plus de quatre millions de kilomètres carrés, au fond de l’océan Indien, ont enregistré les vibrations de la Terre. « C’est la première fois que nous arrivons à isoler [le son] au fond de la mer. Le fond des océans est extrêmement bruyant », explique au site internet Slate la principale auteure Martha Deen, chercheuse à l’Institut de physique du Globe de Paris.

Des sismomètres ont été dispersés au fond de l’océan Indien. (Photo d’illustration : Pexels) 

Jusqu’ici, les scientifiques n’avaient pu détecter le chant de la Terre – ce fameux « hum » comme le nomment les scientifiques – qu’à l’occasion de tremblements de terre en surface, mais les relevés n’étaient pas assez convaincants.

Inaudibles à l’oreille humaine

Malheureusement, il est impossible pour l’homme d’entendre ce bourdonnement. Avec des fréquences ultrabasses comprises entre 2,9 et 4,5 MHz (megahertz), le son produit est 10 000 fois plus bas que ce que peut percevoir l’oreille humaine. La Terre produit des vibrations 0,0029 fois par seconde, ce qui signifie que la planète produit ce son toutes les 30 secondes environ.

Avant de pouvoir écouter le chant de la Terre, les chercheurs ont dû isoler ces fréquences en supprimant tous les bruits parasites : bruit des vagues, tremblements de terre ou encore les sons issus de la vie marine.

Des causes toujours aussi mystérieuses

L’énigme reste entière quant à l’origine de cet intrigant bourdonnement. De nombreuses hypothèses s’affrontent : turbulence atmosphérique, mouvement des masses d’eau et des vagues à la surface, déplacement des plaques tectoniques et autres causes géologiques : les chercheurs ne savent toujours pas expliquer ce phénomène.

Jusqu’ici, le bourdonnement de la Terre avait été à peine perçu à la surface lors de tremblements de terre. Ici, la ville italienne d’Amatrice après le séisme du 24 août 2016. (Photo : Wikimédia) 

Cette étude vient d’ouvrir la porte à de nombreuses autres, car c’est la première fois qu’une équipe de chercheurs parvient à enregistrer un signal au fond d’un océan. « La Terre est en constant mouvement, et nous voulions observer ces mouvements car le domaine [de la géophysique] pourra tirer profit de toute donnée supplémentaire », a pointé Martha Deen de l’Union américaine de géophysique. Cette découverte pourrait même permettre de cartographier l’intérieur de notre planète…

Par Clément BOLANO / l'édition du soir - Ouest-France

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