::+:: La fin des chrétiens d'Orient


Bande annonce 


Thema : Spéciale chrétiens d'Orient  (à voir et à revoir) - C'était 
Mardi 9 janvier sur ARTE à 20:50 “La fin des chrétiens d’Orient ?“ produit en France en 2016.

Synopsis

L'Orient est le berceau du christianisme. Autrefois très nombreux, les chrétiens d'Orient sont en train de disparaître. L'Occident semble pourtant détourner les yeux. Ils ont été discriminés sous tous les régimes, parfois exterminés, mais leur avenir est aujourd'hui plus incertain que jamais. Au début du XXe siècle, au Moyen Orient, un habitant sur quatre était chrétien. Ils sont aujourd'hui onze millions parmi 320 millions de musulmans. Partout minoritaires, ils ont été contraints, pour survivre, de chercher la protection des pouvoirs en place. Ont-ils encore un avenir sur la terre qui les a vu naître ? En balayant leur histoire en Irak, en Egypte, en Turquie, au Liban et en Syrie, ce documentaire explique les raisons de leur marginalité et témoigne de la fragilité de leur situation.

Critique du 03/01/2018
Par Yohav Oremiatzki

Maronites, coptes, chaldéens, syriaques… vous ne savez peut-être pas situer ces communautés chrétiennes sur une carte du Moyen-Orient. Hâtez-vous de voir ce documentaire avant qu’elles aient disparu. Alors qu’ils représentaient un habitant sur quatre de la région au début du xxe siècle, les chrétiens d’Orient ne sont plus aujourd’hui que onze millions parmi trois cent vingt millions de musulmans.

Photographie du temps présent en Syrie, en Irak, en Egypte, en Turquie et au Liban, ce passionnant documentaire explore aussi les racines bimillénaires des chrétiens d’Orient. Au-delà des éclairages d’universitaires, il recueille les témoignages de ceux qui ont choisi de rester — ou de se réim­planter — sur leur terre ancestrale. On retrouve le père Najeeb Michael, ce dominicain irakien exilé au Kurdistan et connu pour être parvenu à sauver huit mille manuscrits des mains de Daech à l’été 2014. Plus fort encore est le coup de gueule de l’évêque du monastère copte de Deir el-Malak Mikhail, qui fustige l’indifférence de l’Occident. Quant aux propos conclusifs de l’historien des religions Jean-François Colosimo, ils ne devraient pas manquer de convaincre que se joue là un drame universel donnant « une image tragique du monde de demain » où « les identités ne pourront être que meurtrières ou folkloriques ».



__________________________________



REACTION dans ... LES LECTEURS ONT LA PAROLE
Par Raymond NAMMOUR 

2 000 ans d’histoire... Et nous ?
Les chrétiens d'Orient sont à l'affiche à l'Institut du monde arabe à Paris sous le titre élogieux « 2 000 ans d'histoire... ».
Le thème, d'une actualité brûlante, a été magistralement traité. Et pourtant, en sortant de l'exposition, un sentiment mitigé vous accable et les yeux rougissent sous une double pression : l'amertume et la colère.

L'amertume de voir le sort des 2 000 ans d'histoire ! D'une présence scintillante à une présence timide et apeurée; d'une vie enracinée à une émigration forcenée ; d'une participation active à des rôles de figurants ; d'une attitude fière et crainte à un troupeau effaré. Mais c'est surtout la colère qui vous prend à la gorge.
2 000 ans d'histoire devaient être suffisants pour créer les conditions d'un avenir serein et apaisé. Malheureusement il n'en est rien. 
La présence politique des chrétiens d'Orient est menacée plus que jamais. Il suffit pour s'en convaincre de voir l'évolution du Liban créé à l'origine par et pour les chrétiens et vers lequel se tournaient toutes les minorités opprimées de la région.

Et c'est là que la colère gronde ! Pas tellement contre l'environnement musulman qui après tout n'a fait que ce que toute autre majorité aurait fait. Et encore !
La colère est surtout à l'encontre des « fromagistes » locaux qui, par leur cupidité, ont gaspillé un capital de 2 000 ans d'histoire en un laps de temps record ! Moins d'un siècle, 1945-2017, leur a suffi pour « déconstruire » le Liban ; seul État à « visage chrétien », membre fondateur de la Ligue arabe.
À la première phase de « suprématie », 1945-1969, a succédé une seconde phase de « contestation » 1970-1990 suivie de la « domination » de 1990-2016 prélude à la marginalisation en cours ! Aujourd'hui, nous avons désormais des « chrétiens chiites » et des « chrétiens sunnites » qui s'entredéchirent au diapason de la discorde musulmane. Voilà pourquoi la colère vous envahit.

Nous avons souffert des années espérant sortir le pays du sous-développement. Hélas, nous n'avons eu droit qu'à une République bananière.
On peut certes se déculpabiliser en évoquant l'hégémonisme israélo-syrien ou l'ingratitude palestinienne ou l'extrémisme jihadiste ou encore l'impérialisme iranien. 

L'amère réalité est tout autre.
Nous avons failli car nous étions trop occupés à consommer et aucunement à investir pour l'avenir.
À ce niveau, l'exposition parisienne serait-elle prémonitoire ? Annoncera-t-elle la fin d'un pluralisme vieux de 2 000 ans ? Ou bien provoquera-t-elle un « réveil salutaire » quant au sort de la chrétienté orientale ?
Nous sommes certes très loin de 1860, quand l'Europe tout entière trouvait intérêt à intervenir au profit des minorités de l'Empire ottoman. Nous assistons toutefois à la transformation de la Méditerranée en un immense « entrepôt » de pétrole, de gaz, et surtout de jihadistes et de futurs réfugiés. Et tout cela à quelques encablures des rivages européens !

Raisons suffisantes pour que l'Europe s'implique complètement dans l'avenir du Moyen-Orient.

Reste que l'effort principal ne pourra venir que des intéressés eux-mêmes.
Les législatives libanaises de mai 2018 fourniront une occasion unique pour remettre le Liban sur les rails de sa destination d'origine, havre de paix et de prospérité donnant en même temps un signal d'espoir à tous les apeurés de la région car quand le Liban va bien toute la chrétienté orientale s'apaise.
Le « fromagisme » de tout temps n'a conduit qu'à de piètres politiques. La majorité « fromagiste » actuelle a tellement failli qu'elle a érigé le népotisme et la corruption en style de gouvernance ! Elle tente même de bâillonner les libertés publiques par la terreur judiciaire !
Les déficits publics ont atteint des profondeurs abyssales d'où les mêmes « fromagistes » en fin de mandat espèrent sortir pour le dilapider le gaz et le pétrole avec un « triumvirat » fraîchement immaculé, Total, Eni et Novatek sous la protection des baïonnettes hezbollahies !
Agissant de la sorte, le pouvoir en place ne fait que nourrir l'incertitude qui plane sur l'avenir politique et économique du Liban.
Seul le « dégagisme », pratiqué brillamment sous d'autres cieux, pourra redonner de l'espoir et mai 2018 sonnera alors comme un lointain écho d'un autre mai avec le même 8 !
Autrement, on reviendra régulièrement pleurer les vestiges de 2 000 ans d'histoire... et le souvenir d'une géographie perdue à jamais.

Article sur L'Orient Le Jour

Posts les plus consultés de ce blog

::+:: Le désastre naturel de l’Age du Bronze reporté sur une stèle

::+:: L'appel d'un curé au pape François pour ouvrir l'Église aux hommes mariés

::+:: Les textes sur le mécanisme d’Anticythère ont été déchiffrés