::+:: Au Liban, des journalistes se forment au pluralisme religieux

Nayla Tabbara, co-fondatrice de la fondation Adyan, lors de la 90e session des Semaines Sociales de France, le 4 octobre 2015. / Corinne SIMON/CIRIC
Il y a un an, dix-sept jeunes journalistes du monde arabe ont reconnu qu’ils avaient « une mission essentielle pour prévenir la spirale de la violence et de la guerre civile », dans un contexte de « montée de l’extrémisme et de conflits aux contours religieux ». Du 18 au 22 octobre 2016, ils ont participé à un atelier appelé « Journalistes pour une citoyenneté inclusive de la diversité et de la liberté de religion et de conscience ».

À l’issue de ce stage, ces professionnels venus d’Irak, de Jordanie et du Liban ont décidé de rédiger un code de conduite destiné aux médias. Chacun s’est notamment engagé à s’abstenir de « prendre parti selon sa propre appartenance religieuse » ou celle de son média ; à « utiliser les expressions adoptées par chaque communauté religieuse » pour se définir ; ou encore à ne pas « généraliser à tout le groupe le comportement d’un de ses membres »

S’employer à « faire tâche d’huile »


Cette formation était une première pour la fondation libanaise Adyan qui, depuis dix ans, travaille à la construction d’une citoyenneté ouverte aux différences. Jusqu’alors, elle avait déjà développé des programmes d’enseignement à l’école, des rencontres interreligieuses, ou la création d’un site Internet consacré au « pluralisme » (taadudyia en arabe)…

« Vu l’influence des journalistes sur l’opinion publique du monde arabe, nous avons décidé de bâtir un programme pour eux », explique Dalia Al Mokdad, responsable du département média. Depuis, les 17 ex-stagiaires s’emploient à faire tache d’huile. Le Libanais Mohammad Al Arab a présenté le code de conduite à l’Union africaine arabe des médias numériques. Plusieurs articles ont déjà été repris dans le règlement intérieur de cet organisme et son comité juridique envisage de « l’adopter officiellement », indique Dalia Al Mokdad.

En Irak, le texte a été présenté au conseil d’administration de la Commission de la communication et des médias à Bagdad, qui s’est engagé à le diffuser. Surtout, lors de la bataille de Mossoul au début de l’année, un des anciens stagiaires, Mohammad Al Moemen, a tenu à interviewer des personnalités religieuses et politiques « sur la réconciliation entre les différentes communautés ».

Anne-Bénédicte Hoffen / La Croix

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