::+:: Quand votre enfant veut aller au catéchisme

Après une forte baisse dans les années 1990, la fréquentation des cours de catéchisme s’est stabilisée selon une étude de la Conférence des évêques de France. LP/PHILIPPE DE POULPIQUET

C'est l'heure des inscriptions. Certains enfants veulent suivre une instruction religieuse même si leurs parents sont athées. Faut-il les encourager ?

Qu'ils soient baptisés ou non, que leurs parents soient croyants ou pas, les enfants veulent naturellement, dès l'école élémentaire, en savoir plus sur Dieu, Adam et Eve, le paradis ou l'enfer. Alors parfois, au contact de camarades qui prennent déjà des «leçons sur Jésus» le mercredi ou le samedi, ces petits curieux rentrent à la maison avec un souhait : Papa, Maman, je veux aller au caté. Dans les familles qui ont la foi, on applaudit la requête. Chez celles qui sont athées, ça peut déstabiliser, voire faire grincer des dents. Voici les clés pour y voir plus clair.



Qui fréquente les bancs du catéchisme ?

Selon une étude de la Conférence des évêques de France (CEF), plus d'un enfant sur six (17,5 %) scolarisé en CE 2, CM 1 et CM 2 est inscrit au caté. D'un diocèse à l'autre, les pourcentages fluctuent. Il descend à 9 % à Evry (Essonne) et grimpe à 33 % à Luçon (Vendée). Dans la capitale, il atteint 21,6 %, soit plus d'un écolier parisien sur cinq. Après une chute libre dans les années 1990, la fréquentation des cours s'est stabilisée. «Il y a globalement un dynamisme missionnaire en France. L'affluence augmente là où sont proposées des initiatives originales comme des camps caté, du caté vacances, des services aux familles...» observe Pauline Dawance, directrice du service de la catéchèse à la CEF. «Pour s'inscrire, il suffit ces prochains jours de se rendre à l'église la plus proche du domicile», suggère-t-elle.

Faut-il être baptisé ?

Nul besoin d'être passé par le premier des sacrements pour aller découvrir ce qui se dit dans une salle de catéchisme. Dans la capitale, 10 % des inscrits ne sont pas baptisés. «Tout le monde est le bienvenu. On insiste davantage sur la charité, l'amour que sur la foi », explique le père Christian Lancrey-Javal, qui officie à Notre-Dame-de-Compassion à Paris. Il est fréquent que des garçons et des filles de couples mixtes, de culture catholique et musulmane par exemple, viennent. «Mais le premier souci des enfants au caté, c'est de retrouver les copains», sourit le curé. A ses yeux, le caté a bien évolué depuis un quart de siècle. «Il ne doit pas être vécu comme un lieu de contraintes mais plutôt de valeurs positives, avec une ouverture à la tolérance. On veut susciter de la joie. On n'est plus sur du par coeur mais sur de la découverte. L'objectif, c'est que l'enfant en garde un bon souvenir», insiste-t-il.

Et quand les parents ne croient pas en Dieu ?

Il est courant que des enfants dont les parents ne sont ni pratiquants ni même croyants aient envie de se rendre au caté pour faire comme les copains certes, mais aussi pour se forger une culture religieuse et rendre compte de leurs interrogations. «Vers 7-8 ans, les enfants comprennent que l'on ne vit pas de manière éternelle. Pour se rassurer, certains vont alors demander des renseignements sur les religions, c'est tout à fait normal», estime Emma Levillair, psychologue clinicienne et psychothérapeute dans un cabinet à Paris. Ne pas répondre favorablement à ce besoin d'informations peut «créer des angoisses». Selon l'experte, il est «important», pour les parents qui n'ont pas la foi, de discuter avec son enfant «des raisons pour lesquelles il veut aller au caté». Et, généralement, de lui «laisser faire ce chemin» qui permettra d'étancher sa soif de curiosité.

Et avec les autres religions ?

Les petits musulmans ont la possibilité, à partir de 6 ans, de prendre des cours de religion à la mosquée. «Ils ont lieu généralement le samedi ou le dimanche. On leur apprend des versets du Coran, à lire l'arabe...», explique Abdallah Zekri, délégué général du Conseil français du culte musulman. Chez les juifs, les enfants dès 6 ou 7 ans peuvent bénéficier à la synagogue de «cours de Talmud-Torah» pour étudier le livre sacré du judaïsme. «Ils se déroulent souvent le dimanche matin», précise Michel Serfaty, rabbin de Ris-Orangis (Essonne).

Vincent Mongaillard | Le Parisien

Posts les plus consultés de ce blog

::+:: Le désastre naturel de l’Age du Bronze reporté sur une stèle

::+:: L'appel d'un curé au pape François pour ouvrir l'Église aux hommes mariés

::+:: Les textes sur le mécanisme d’Anticythère ont été déchiffrés