::+:: Les frontières de la conscience


La couverture de Sciences et Avenir 837 daté novembre 2016.
© SCIENCES ET AVENIR
La fascination ne date pas d’aujourd’hui. Certains se souviennent peut-être de celle qu’un best-seller titré « La Source noire » avait exercée il y a trente ans (1), réalisant une synthèse de ce qui se disait alors sur les expériences de mort imminente (EMI). Dans l’ouvrage publié chez Grasset, il était raconté que "la mort cacherait une clarté à l’éblouissante beauté, pleine de vie. [Qu’il y aurait], aux portes de la mort, une nouvelle approche de la connaissance, de la mémoire". Autant dire que la plupart des spécialistes, au grand jamais, n’auraient alors voulu s’acoquiner avec pareil thème de recherche, bon pour la théosophie et autre ésotérisme. A la rigueur, il aurait pu être laissé aux historiens ou ethnologues car, comme le rappelle un spécialiste allemand dans le dossier que nous publions ce mois-ci, les EMI surviennent dans toutes les cultures.

Des zones du cerveau peuvent susciter l'impression de décorporation

Il se trouve que, depuis cette époque, des scientifiques sérieux sous tout rapport se sont quand même risqués à explorer ces visions avec impression de tunnel lumineux, à décoder ces récits de décorporation et de paix intérieure, l’image sur notre couverture suggérant cette étrange ambiance, "aux confins de la conscience". Certains taxent ces chercheurs de "matérialistes", comme le fait remarquer non sans humour la neuropsychologue du « Coma Science Group » (CSG) au CHU de Liège (Belgique) que notre spécialiste Elena Sender a rencontré. On se doute qu’entre les croyants d’une part, et ceux qui crient à la pseudoscience d’autre part, il leur faut savoir raison garder. En l’occurrence, ils effectuent force mesures sur le cerveau de leurs « expérienceurs », dont les différentes parties peuvent faire surgir des sensations diverses : le cortex cingulaire antérieur aide par exemple à l’absence de douleur, d’autres zones (cortex temporo-pariétal) peuvent susciter l’impression de décorporation…


EDITO. Les frontières de la conscience par sciences et avenir

Les ondes émises doivent encore être analysées pour être mieux comprises – les sujets ayant vécu des EMI ne s’étant pas retrouvés par miracle au cœur d’un appareillage ad hoc, permettant cet enregistrement. C’est justement l’art du CSG de faire revivre cette expérience si singulière que Sciences et Avenir fait découvrir ici. Et ce qui n’est pas le moins étonnant, grâce aux techniques d’hypnose ! Dans le même temps, que ne découvre-t-on pas avec stupéfaction ? Que nos multiples états de conscience, modulés par diverses ondes cérébrales (alpha, thêta, gamma…), modifient nos perceptions. Pour qui s’interroge sur le rêve, la méditation en pleine conscience, la transe, l’état extatique et plusieurs autres, consulter sans attendre le tableau publié dans notre dossier. Il montre que selon l’intensité de l’expérience, le phénomène très particulier de « dissociation de soi » grandit. Rien d’ésotérique là-dedans mais une modification de la perception, donc, que certains scientifiques, tel Steven Laureys, du CSG, ont d’ailleurs tenté de revivre. Sciences et Avenir lui a fait raconter sa tentative de recréer une EMI, en particulier. S’il déclare ne pas l’avoir complètement connue, il avoue, en revanche, savoir maintenant ce qu’est un état modifié de conscience ! Etonnant. De même que de découvrir que l’EMI, devenu mythe contemporain (p.40), permet à des médecins de "traiter de la spiritualité sans tomber dans l’écueil de la religiosité" auprès de personnes en fin de vie. Oui, c’est émouvant.

(1) Par Patrice Van Eersel, Grasset, aujourd’hui en livre de poche.
Dominique LEGLU 

Directrice de la rédaction de Sciences et Avenir

Posts les plus consultés de ce blog

::+:: La seule religion d’Etat (4eS)

::+:: Les preuves historiques de l’existence de Jésus (3) : Témoignages externes sur les 4 évangiles

::+:: Qu’est-ce que le miracle eucharistique ?