::+:: Il y a bientôt 500 ans, la naissance du protestantisme


En 1517, Martin Luther a initié une réforme des pratiques de l'Église catholique mais aussi de sa doctrine.
Alors que le pape François célébrera une messe de la Toussaint en Suède, où le protestantisme fut religion d'État jusqu'en l'an 2000, Le Figaro fait le point sur la réforme luthérienne.

• Comment est né le protestantisme?

Le 31 octobre 1517, Martin Luther aurait affiché sur la porte de la chapelle du château de Wittenberg, en Allemagne, ses 95 thèses contre la vente des indulgences. Il apparaît en réalité que ce moine augustin catholique, alors professeur à la faculté de théologie de la ville, scandalisé par la vente organisée des indulgences, écrivit à Albert de Brandebourg, archevêque de Magdebourg et de Mayence pour protester contre cette dérive et joignit à sa lettre ses 95 thèses sur les indulgences pour qu'un débat théologique s'engage.

Les «indulgences» sont, en quelque sorte, selon l'Église catholique, des «remises de peine» de temps passé au purgatoire pour les âmes après la mort. Elles sont accordées par l'Église catholique lors des jubilés, comme cette année pour le jubilé de la miséricorde. Elles ne s'achètent plus mais sont liées à un acte religieux: franchir, dans la foi, la porte sainte d'un sanctuaire, se confesser, assister à une messe en priant aux intentions du pape.

La critique de la vente des indulgences - décidée par le pape Léon X (1475-1521) pour financer l'actuelle basilique Saint-Pierre - fut le point de départ d'une véritable guerre théologique qui vit Luther, refusant de revenir sur ses critiques, excommunié en 1521. Et qui provoqua notamment la convocation du concile de Trente, en 1545, véritable concile de la contre-réforme protestante.

• Qu'est-ce qui différencie catholiques et protestants?

La divergence fondamentale tient dans le principe édicté par Luther «sola scriptura», «seule l'Écriture» compte. À savoir la Bible et non pas l'Église catholique dont l'un des objets est d'interpréter la Bible pour ses fidèles. Luther préconise au contraire l'accès direct de tout un chacun au texte même de l'Écriture et une interprétation individuelle en conscience, et non sous la direction d'un prêtre. L'Église catholique, lors du concile Vatican II, a fini par admettre et à encourager l'accès de tous au texte biblique. Mais elle récuse, notamment pour éviter les excès possibles de fondamentalisme, que cette interprétation soit laissée au seul libre arbitre de chacun.

À partir de là, tout l'édifice catholique, reposant sur le pape, la succession apostolique entre papes qui confèrent le droit de célébrer les sacrements par des ministères ordonnés mais aussi l'autorité du magistère, le statut de ces prêtres et la nature des sacrements célébrés, s'écroule. Ainsi, le sacrement catholique de l'eucharistie représente la «présence réelle» du Christ, n'est qu'une présence symbolique pour la majorité des protestants. De même la virginité de Marie est-elle récusée. Le culte des saints également.

Une autre différence fondamentale a opposé ces deux familles du christianisme (1,2 milliard de catholiques, 800 millions de protestants dont 600 millions d'Évangéliques) est la question du Salut éternel. Luther a toujours soutenu, sur la base des écrits de saint Paul, que seul le sacrifice du Christ avait, une fois pour toutes et pour tous, obtenu le rachat de la faute originelle, scellant la «Nouvelle Alliance» entre Dieu et les hommes, et donc le salut des âmes après la mort. Ce qu'admettai, en partie l'Église catholique qui a toujours insisté sur les bonnes œuvres humaines qui contribuent aussi au salut personnel. En 1999, toutefois, un accord théologique, sur ce point fondamental, a été trouvé entre les Églises protestantes et l'Église catholique.

Par Jean-Marie Génois - Le Figaro

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