::+:: [Bible] Une présence dans notre histoire


Un arbre, ce sont des racines, un tronc, des feuilles ou des fleurs ou des fruits. Un homme ou une femme, c’est une histoire marquée par ses origines, son histoire présente, ses attentes et ses espérances. Maurice Constantin-Weyer, dans Un Homme se penche sur son passé (1928) raconte les richesses enfouies ou épanouies qu’il porte en lui et qu’il découvrira au fil des jours ou des années.

Évangile de Luc 18, 1-8

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : “Rends-moi justice contre mon adversaire.” Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” » Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » 

Une présence dans notre histoire

Les trois textes bibliques de cette semaine nous invitent à nous laisser toucher par Dieu, à le prier, à lui faire confiance. Moïse, figure du Christ en croix, encadré par Aaron et Hour, sauve son peuple, avec l’aide de Dieu, en qui il s’abandonne. Saint Paul nous invite à la confiance dans les enseignements transmis par les Écritures. L’Évangile clôture cette suite. Une veuve et un juge, d’un opportunisme dérangeant, sont mis en scène. La veuve, figure de notre humanité, est courageuse, elle persévère dans sa demande de justice. Elle défend son droit. Sa vie est précaire. Femme seule bien que protégée par son statut de veuve, elle sait qu’elle ne peut compter que sur elle-même. Et le juge, imbu de sa position, ne respectant ni Dieu, ni les traditions de son peuple, fait la sourde oreille. Comble du cynisme, il finit par l’entendre, non par devoir mais par égoïsme.

L’enseignement de Jésus prend alors toute sa force. Si ce personnage, cet humain odieux, accepte finalement de rendre justice, combien davantage notre Dieu ne sera-t-il pas touché par nos demandes, nos prières ?

Ainsi, Jésus nous invite à nous tourner vers Dieu, à demander, à prier et à faire confiance. Pour nous y initier, nous disposons de différents jalons, dont les Écritures. Comme des phares sur notre route, elles témoignent d’une expérience vécue par le peuple de Dieu, qui a su relire son passé pour y découvrir l’agir divin. Par un effet de ricochet, ces Écritures nous interpellent alors personnellement. Elles nous suggèrent de faire aussi ce retour sur notre passé pour y sentir la main de Dieu sur notre épaule dans les difficultés, pour y voir la porte qu’il nous a ouverte, la difficulté qu’il a aplanie pour nous, le messager qui nous a éclairés, l’aide improbable qui est venue nous sortir du pétrin. Tantôt nous sortons d’Égypte, découvrant la liberté faite de droits et de devoirs. Nous passons par Babylone, cherchant notre identité. Nous sommes Judith ou Déborah défendant notre foi. Nous sommes Pierre qui découvre en Jésus le Christ ou se rétracte, par peur. Nous sommes le centurion qui confesse sa foi, la femme courbée remise debout, l’aveugle dont les yeux s’ouvrent, la jeune fille rendue à la vie…

Cette découverte de Dieu dans notre vie nous incite à la confiance mais aussi à l’humilité. Nous avons été aidés, nous ne sommes pas seuls. Dans un raisonnement très humain, un petit sentiment de peur peut pointer, nous disant : « Et s’Il me lâchait ? » Dieu lâche-t-il son peuple ? De nouveau, les Écritures nous apprennent que non. Dieu prend patience, il pardonne et est constant dans sa sollicitude. Suit alors un sentiment de gratitude, une grâce découverte et l’envie de dire merci, de servir et de témoigner pour que, quand

Il reviendra, Il trouve la Foi sur la terre. Notre mission de baptisés prend alors tout son sens. Découvrant l’oeuvre de Dieu dans notre vie, nous sommes touchés par Lui et nous ressentons ce cri en nous qui nous fait dire : je crois, tu es là, tu agis, je peux te faire confiance. Résonne alors cette belle phrase : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin des âges. » (Mt 28, 19-20.)

Anne-Joëlle Phillipart pour Témoignage Chrétien.

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