::+:: Une statuette de plus de 8000 ans découverte en Turquie

Sculpture féminine de plus de 8000 ans découverte sur le site de Catalhöyük, en Turquie. Crédit: Daily Sabah

FEMME. Finement sculptée dans du marbre blanc, la délicate statuette de 17 cm de haut pour 1 kg, est apparue entière et intacte sous les yeux ébahis des archéologues lors de fouilles archéologiques menées sur le site turc de Çatal Höyük, en Anatolie centrale par Ian Hodder, anthropologue américain de l’université de Stanford (Etats-Unis). Elle représente une femme debout aux formes imposantes qui vient compléter une collection déjà prestigieuse de plusieurs milliers de statuettes, dont la plupart représentent des animaux.

Vue de profil de la statuette néolithique récemment découverte à Catal Höyük, en Anatolie centrale (Turquie). © Daily Sabah

C’est en raison de conditions de conservation exceptionnelle des vestiges que cette prestigieuse agglomération antique est étudiée depuis les années 1960. Elle a en effet livré d’innombrables bas-reliefs et peintures murales, ainsi qu’une profusion d’objets rituels et de figurines pétries dans l’argile, ou façonnées avec soin dans la pierre, le basalte, l’albâtre ou le marbre. Certaines d’entre elles ayant été récupérées dans des réserves à céréales, les chercheurs avaient été enclins par le passé à faire un lien entre féminité et agriculture. « L’une des plus fameuses de ces figures, représentées assise en train d’accoucher avec de part et d’autre un fauve sur lequel elle pose la main, est à l’origine d’un thème que l’on retrouve dans quantité de mythologies méditerranéennes postérieures, explique Jean-Paul Demoule, professeur de protohistoire européenne à l'université de Paris I (Panthéon-Sorbonne) et membre de l'Institut Universitaire de France, joint par Sciences et Avenir. Ces figurines féminines du néolithique proche-oriental, de la même façon que les Vénus du paléolithique, ont alimenté une abondante littérature sur la « déesse mère », la fécondité et un matriarcat primitif », poursuit l’archéologue. Les plus renommés de ces développements étant ceux de l’archéologue américaine d'origine lituanienne Marija Gimbutas (décédée en 1994), qui avait vu dans ces nombreuses reproductions féminines l’existence d’une religion matriarcale originelle, à la tête de laquelle se trouvait une grande divinité de la fertilité et de la maternité.

Statue de la "Dame aux fauves" de Catal Höyük, (6000-5500 av. notre ère). © Musée anatolien des Civilisations.

« Ces sculptures de femmes assises ou debout avec les mains sous les seins, se trouvent dans une position toutefois assez traditionnelle dans les représentations féminines du Néolithique du Proche-orient », poursuit l’anthropologue. On les rencontre encore un peu plus tard, entre 6100 et 5500 av.J.C, dans la culture de Halaf, au sud-est de la Turquie, en Syrie et dans le nord de l’Irak. C’est seulement à partir du Chalcolithique, vers 5000 avant notre ère, quand les sociétés commencent à se différencier, qu’apparaitront en nombre dans des sociétés de plus en plus inégalitaires, des figures masculines d’hommes en arme ou en position de pouvoir, à l’instar de statues-menhirs ou encore de souverains.

Par Bernadette Arnaud - Sciences et Avenir.

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