::+:: En Belgique, l’Église planche sur ses cours de religion

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1/ Quel est le contexte ?

Depuis quelques années en Belgique, le système des deux heures de cours philosophiques obligatoires – qui depuis 1958 offre le choix à l’école entre des cours relevant des différentes religions reconnues par l’État belge et un cours de morale non confessionnelle – fait débat. Bien que les cours de religion ne soient pas une catéchèse, sont-ils encore pertinents pour un public devenu multiculturel ? Séparer dans l’enseignement officiel (public) les élèves sur la base de leur appartenance religieuse ne nourrit-il pas le communautarisme ? Pourquoi ne pas remplacer le cours de morale par un véritable cours commun de philosophie et d’éducation civique ?

En cette rentrée 2016, l’enseignement francophone a franchi le pas de la réforme, avec l’instauration d’une heure de « cours commun d’éducation à la citoyenneté », en lieu et place d’une heure de cours confessionnel ou de morale. Mais le choix de la deuxième heure hebdomadaire obligatoire a été laissé à l’appréciation des parents ou élèves qui doivent opter, ce mois-ci, soit pour une seconde heure de citoyenneté, soit pour une heure de religion ou de morale. L’association de parents de l’enseignement officiel (Fapeo) a mené, cet été, une campagne incitant les parents à abandonner définitivement le cours de religion ou de morale pour leurs enfants.


2/ Quelle position tiennent les évêques francophones ?

Après avoir, au printemps, écrit aux parents d’élèves de l’enseignement officiel, invitant ceux qui suivent un cours de religion catholique à le poursuivre, les évêques francophones de Belgique ont tenu à s’exprimer avec les responsables des autres communautés religieuses. Mercredi 7 septembre, dans un communiqué commun intitulé « Avec un cours de religion, c’est mieux », Mgr J. De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles, ainsi que les responsables des communautés orthodoxes, protestantes, évangéliques, anglicanes, israélites et musulmanes de Belgique, s’inquiètent de la pression exercée sur les parents. Ils soulignent l’importance à leurs yeux des cours de religion dans le cursus scolaire, qui apportent aux élèves « des critères et des grilles de lecture pour exprimer leurs convictions dans une société multiculturelle et multiconvictionnelle » et demandent leur maintien.

3/ Quelle est la préoccupation des évêques flamands ?

En Flandre, le contexte est différent. L’enseignement catholique, qui scolarise 65 % des élèves du primaire et 75 % des jeunes du secondaire, prédomine mais doit désormais former un public de toutes confessions. Suite à une enquête de terrain approfondie, l’enseignement catholique flamand a lancé au printemps dernier le projet « École catholique du dialogue », qui entend tout à la fois proposer aux jeunes « un dialogue avec leur propre tradition catholique » et « une ouverture aux autres convictions », notamment à l’islam. S’il est plutôt bien accueilli par les directions d’école, ce projet a suscité beaucoup de débats dans les médias.

Dans une lettre adressée le 31 août dernier aux responsables des écoles catholiques, Mgr Johan Bonny, évêque d’Anvers et évêque référendaire flamand pour l’enseignement, précise aussi son intention d’actualiser le contenu du cours de religion dans l’enseignement secondaire, afin que les élèves puissent effectivement dialoguer « sur la base d’une meilleure connaissance des fondements de la chrétienté ». Les conclusions d’un groupe de travail sur la question sont attendues pour Pâques 2017, en prévision de nouveaux programmes en 2018.

Raphaëlle d’Yvoire, à Bruxelles pour le journal La Croix.

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