::+:: Y-a-t-il eu un « avant » Big Bang ?


« Le connu est fini, l’inconnu infini ; intellectuellement nous nous tenons sur un ilot au milieu d’un océan sans limite. » —Thomas Henry Huxley (1825–1895)

Chaque montagne, rivière et vallée, tous les animaux et les êtres humains – tout ce qui a été, qui est et qui sera, a été à un moment donné uni dans un seul point minuscule et brûlant. C’était un point si infiniment dense que notre imagination mortelle sera peut-être pour toujours incapable de l’englober tout entier. Des millions et des millions de tonnes de matière combinées avec toute l’énergie du grand univers, commençant à s’étendre et à se séparer dans une énorme explosion, il y a environ 20 milliards d’années.

Comparé au Big Bang, le bruit fait par la plus puissante bombe de l’espèce humaine, serait, tout au plus, égal à un moustique qui tombe sur le sol de l’autre côté de la planète Terre. Depuis ce point premier, l’histoire de l’univers a pris une tournure encore plus riche et plus curieuse. L’expansion constante de tout ce qui existe a transformé l’univers en une soupe de plasma, se transformant graduellement en un état de plus en plus similaire à ce que nous connaissons aujourd’hui.

Puis cette matière s’est lentement refroidie, formant les premiers quarks, électrons, neutrinos et protons. Des centaines de milliers d’années ont passé et les électrons et nuclei se sont combinés pour former les atomes et plus tard les quasars, les étoiles, les groupes de galaxies et tout ce qui constitue aujourd’hui notre univers familier.

En dépit de toute l’information obtenue à travers des années d’investigation scientifique, les phases de l’univers durant ses premiers moments après cette grande explosion sont encore le sujet de débats passionnés. Les diverses théories qui circulent dans les cercles scientifiques semblent dénouer en essayant de l’expliquer l’état particulier de la matière quantique dans les phases primitives – les tout premiers moments du « Big Badaboom ». Il n’existe pourtant pas un seul modèle physique convainquant pour expliquer les premières 10-33 secondes de l’univers.

Essayer de comprendre l’origine de cette explosion capitale est encore plus complexe. Plus nous comprenons la cause initiale de chaque évènement et en venons graduellement à réaliser que toutes choses découlent de causes premières, plus la raison de pourquoi l’univers a été créé devient une énigme encore plus grande – une vérité ultime à dévoiler.

Le Big Bang, le Big Crunch et le cycle infini


Une théorie considérée pouvoir expliquer l’origine ultime est celle de l’Univers oscillant. De nombreux scientifiques estiment que la matière contenue dans l’univers est suffisante pour parvenir à une force gravitationnelle suffisamment grande pour arrêter l’expansion et commencer, à un moment déterminé de l’histoire, à renverser le processus.

Selon cette théorie, la constante contraction de l’univers tout entier culminerait en un point unique et primordial – un phénomène préparé par le « Big crunch ». Depuis ce moment (théorique, bien-sûr) l’univers continuerait littéralement à se contracter, avec un « Big Bounce », c’est à dire un nouveau Big Bang comme finalité.

Cette théorie nous amène à nous demander si cette extraordinaire chaîne d’évènements qui gouverne les cycles de toute chose dans l’univers (engendrement, dégénérescence et destruction) se répètent éternellement, et s’il avait infiniment suivi un schéma similaire dans le lointain passé.

Malgré que l’Univers oscillant ait été à un moment donné vivement rejeté et remplacé par d’autres modèles de l’univers, de récentes études sont apparues qui donnent une crédibilité accrue à cette théorie. Des chercheurs à l’Université de Pennsylvanie, utilisant les calculs quantiques gravitationnels, ont spéculé à propos de l’histoire possible de l’univers avant le Big Bang.

Selon ces calculs, avant le Big Bang existait un état d’espace-temps similaire aux nôtres, si ce n’est qu’il expérimentait l’étape de la contraction. On pense que les forces gravitationnelles comprimant l’univers ont atteint un certain point tel que les propriétés quantiques de l’espace-temps ont amené la gravité à devenir répulsive, plutôt qu’attractive, produisant le Big Bang duquel nous sommes nous-mêmes supposés venir.

La variation de la constante cosmologique alpha – un fait étrange qu’on considère avoir été révélé aux scientifiques ces dernières années – pourrait aussi être lié à la matière de précédents univers. Cette valeur abstraite (alpha) – prise comme un paramètre des lois universelles qui permet aux atomes de se maintenir dans l’unité, également sous-jacente aux lois de la chimie telles que nous les comprenons – ne coïncide pas avec ce que nous attendrions d’un univers aussi vieux que le notre.

Selon l’actuelle valeur d’alpha, l’univers devrait être quelques 14 milliards d’années plus vieux qu’il ne l’est, et la matière devrait être beaucoup plus dispersée que son état actuel le suggère.

Toutefois, cette théorie cyclique pourrait bien expliquer l’anomalie de cette constante alpha. Paul Stienhardt de l’Université de Princeton et le physicien computationnel Neil Turok de l’Université de Cambridge au Royaume Uni croient qu’il n’y aurait eu suffisamment de temps pour que la valeur mesurée soit telle uniquement si elle avait existé avant notre univers.

Bâtissant leur idée en partant de la perspective de la théorie des cordes et de la M.théorie, Torok et Stianhardt théorisent que le « Big Bang » n’est pas exactement une occasion unique, mais simplement la dernière dans une longue ligne de collisions, qui se produisent périodiquement quand l’univers en expansion a atteint ses limites.

La Grande origine et les limites de la science


Même si la théorie de l’univers cyclique devait être prouvée, ou si nous en venions à découvrir que notre monde est né d’un précédent Big Crunch, l’origine des cycles d’expansions et de contractions indéfinies demeure un mystère.

Le modèle de cycles cosmiques proposés dans le Big Bounce pourrait ne pas avoir de fin, mais ne doit-il pas avoir un commencement ? Cette origine ne devient la frontière entre la science et la religion. Des « facteurs divins » sous-tendent-ils l’origine de l’espace-temps ou serons-nous un jour capables de tout expliquer, y compris la cause du Big Bang, de manière entièrement scientifique ?

La science contemporaine nous a guidés vers des calculs qui semblent approcher les principaux éléments du Big Bang. Pourtant en dépit de ces calculs de plus en plus sophistiqués, somme-nous vraiment plus près de savoir ce qui s’est effectivement produit ?

Il y a cependant une grande possibilité que les humains ne seront jamais capable de connaître la vérité ultime. Et bien que de nombreux scientifiques croient que l’univers que nous habitons ne pourrait sans doute rien contenir au-delà de l’horizon d’une explication scientifique, les êtres humains à un moment où à un autre succomberont occasionnellement à la tentation de se demander en eux même ce qui fait que « tout existe. »

Leonardo Vintini - Epoch Times

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