::+:: Une technique avancée de chirurgie cérébrale pratiquée il y a 2500 ans

Squelette datant de l'âge de bronze de 2200-2000 av. J.C. découvert à Jéricho, Palestine. On y voit un des plus anciens exemples connus de trépanation, la plus ancienne forme de neurochirurgie qui consiste à forer dans le squelette. (Wellcome Images/CC BY 4.0/ Wikimedia Commons)
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L’univers est rempli de mystères qui remettent en question notre savoir actuel. Dans la série « Au-delà de la science », Epoch Times rapporte des récits à propos de ces phénomènes et théories qui posent un défi à nos connaissances actuelles. Sont-ils réels ? Peuvent-ils permettre de futures découvertes et de nouvelles compréhensions de notre univers ? À vous de décider.

Comment les gens des temps anciens arrivaient-ils à traiter les complications de santé qui nécessitent aujourd’hui des techniques de pointe ? Beaucoup seraient amené à croire que les anciens peuples mourraient simplement de ces complications ou étaient condamnés à vivre des incommodités sur le long terme, qu’elles soient des blessures ou des maladies.

Des preuves suggèrent pourtant que les hommes d’âge reculé avaient pourtant un niveau avancé de connaissance anatomique et pouvaient accomplir le travail complexe de chirurgie cérébrale – et ce même dans des endroits reculés du monde comme la Sibérie.

Il y a environ 2500 ans, les centres les plus avancés du monde occidental se trouvaient en Égypte, en Grèce et en Mésopotamie.

En 1995 en Égypte, une momie vieille de 2600 ans a été découverte avec des broches chirurgicales insérées dans le genou. La broche en elle-même, la colle pour la maintenir en place ainsi que la procédure suivie étaient primitives mais comparables aux techniques et aux matériaux utilisés aujourd’hui. La broche a été faite en accord avec la conception moderne s’accordant avec les principes de biomécanique, selon le Brigham Young University Magazine.

Le papyrus Edwin Smith, un ancien texte médical égyptien – nommé d’après le nom de son acquéreur en 1862 – est le plus ancien traité médical connu sur le traumatisme, écrit par Imhotep en 1501 av. J.C. (Wikimedia Commons)
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Quand le mont Vésuve est entré en éruption en 79, il a recouvert les villes d’Herculanum et de Pompéi, les préservant pratiquement en l’état et nous permettant de les étudier aujourd’hui. Parmi les artefacts retrouvés, on trouve une vaste collection d’outils médicaux, comprenant des pinces à os et des forceps, des fers à cautériser, des cathéters, des scalpels, des ciseaux ainsi que des outils gynécologiques, qui peuvent être vus à la Librairie des Sciences médicales Claude Moore de l’université de Virginie.

Plus à l’Est, dans le Nord de l’Inde, vécut un chirurgien nommé Sushruta entre 600 et 1000 av. J.-C. Il a développé et pratiqué la chirurgie plastique et pourrait être le premier chirurgien plasticien. Il a eu de nombreux élèves qui devaient étudier six ans avant de pouvoir pratiquer. Avant que la formation médicale ne commence, Sushruta leur faisait prononcer un serment solennel similaire au serment d’Hippocrate développé par Hippocrate des années plus tard. Lors de leur formation, les étudiants s’entraînaient sur des melons, des gourdes et des concombres, selon l’article « Sushruta : The first Plastic Surgeon in 600 B.C. » tirée de l’Internet Journal of Plastic Surgery.

Alors qu’un savoir médical avancé peut impressionner et paraître surprenant, plus étonnantes encore pourraient être les chirurgies pratiquées dans la lointaine Sibérie. Des scientifiques russes ont découvert en 2012 trois squelettes dans la région montagneuse de l’Altaï en Sibérie présentant des traces évidentes de trépanation, la plus ancienne forme de neurochirurgie qui implique de forer dans le squelette.

Exemples de chirurgie du cerveau dans la culture inca datant du XVe siècle. (Thomas Quine/Wikimedia Commons)
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La trépanation date au moins de l’âge de bronze, selon WebMD. Des recherches complémentaires ont permis de déterminer que la trépanation telle qu’elle était pratiquée dans la Sibérie ancienne était d’une technique et d’une méthodologie répondant à celles du Corpus hippocratique, une série principes médicaux écrite par Hippocrate dans la Grèce antique aux environs de 500 av. J.-C.

Il n’est pas clair si ces anciens médecins avaient des relations avec la Grèce antique, mais il est clair pour les chercheurs, selon le Siberian Times, que les procédures de trépanation étaient en accord avec le Corpus hippocratique établi à 8000 kilomètres de distance dans la même période historique.

Des chercheurs russes de l’Institut d’Archéologie et d’Ethnographie de la branche sibérienne de l’Académie des Sciences russes, encore étonnés par la découverte, ont fait des essais avec des outils de l’âge de bronze sur des squelettes modernes pour déterminer comment des médecins ont pu accomplir un tel exploit il y a 2500 ans.

« Franchement, je suis étonné, » a déclaré Aleksei Krivoshapkin, un éminent neurochirurgien de Novosibirsk dans une interview pour Siberian Times. « Nous pensons maintenant qu’au temps d’Hippocrate, le peuple de l’Altaï pouvait établir un diagnostic très précis et pratiquer des trépanations habiles ainsi que d’incroyables chirurgies du cerveau. »

Krivoshapkin a affirmé que le ou les médecins qui ont pratiqué les trépanations à l’époque ont opéré dans une région du crâne qui a minimisé les dégâts au cerveau et qui assurait un meilleur rétablissement. De plus, l’un des hommes ayant reçu le traitement a de toute évidence vécu de nombreuses années après l’opération, comme le montre son crâne portant des signes de croissance bien postérieurs à la chirurgie.

Des trois squelettes, deux appartenaient à des hommes et l’un à une femme. Ils ont tous vécu il y a environ 2300 à 2500 ans dans la culture Pazyryk. L’un des squelettes masculins semble avoir souffert d’un traumatisme. L’homme aurait développé un caillot sanguin (hématome) qui lui aurait causé de terribles maux de tête, des nausées, des difficultés à se déplacer et d’autres symptômes. Les scientifiques ont conclu que la trépanation avait probablement été effectuée pour supprimer l’hématome.

L’autre squelette masculin ne présente pas de signe de traumatisme. Il a été déterminé qu’il souffrait probablement d’une déformation congénitale du squelette.

Sur les deux squelettes masculins, les médecins de l’époque ont effectué la trépanation en deux étapes : ils ont enlevé la couche supérieure du crâne pour révéler la couche interne. Ils ont alors fait un petit trou, leur permettant d’accéder au cerveau. Nous ne savons pas si des anesthésiants ont été utilisés pour calmer la douleur.

Pour les scientifiques, ces deux squelettes ne présentant pas de brèche accidentelle semblent avoir été opérés avec un soin et une précision extrêmes. Krivosshapkin a effectué la reconstitution moderne, qui lui a pris 28 minutes en utilisant la réplique d’un couteau de l’âge de bronze fait par Andrei Borodovsky, un docteur en sciences historiques.

La trépanation n’était pourtant pas toujours couronnée de succès chez les peuples anciens. Le squelette de la femme, par exemple, a montré que les médecins d’antan n’avaient pas pris la meilleure décision en opérant. Il semblerait que le chirurgien ait utilisé une technique assez sommaire et qu’il ait choisi d’opérer dans une région du crâne près du plus important sinus veineux du cerveau.

La femme était probablement dans la trentaine et son squelette montre des signes d’une chute d’une hauteur significative. Les scientifiques n’ont malheureusement pas pu déterminer si elle était morte durant l’opération ou peu après.

Le peuple Pazyryk n’a pas laissé de traces écrites et il est donc difficile de déterminer la méthodologie exacte, les motifs et l’histoire de leurs pratiques médicales.

Paul Darin - Epoch Times

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