::+:: Les jeunes cathos, la droite et le pape

© Jean Matthieu GAUTIER/CIRIC
Les jeunes catholiques ne devraient pas aimer François. Mais ils l'aiment. C'est l'un des paradoxes de l'enquête exclusive réalisée auprès des participants aux JMJ de Cracovie par La Vie.

Pourquoi ils ne devraient pas (complètement) aimer François. Parce que, sociologiquement et politiquement, ils devraient se sentir plus en phase avec, disons, la ligne d'un Benoît XVI. Les jeunes cathos s'affirment structurellement, massivement, de droite. Certes, un tiers d'entre eux refusent de se situer sur un axe politique, reflétant ainsi le malaise de leur génération par rapport à l'offre classique. Certes encore, par rapport à notre première enquête en 2011, c'est moins l'adhésion à la droite qui progresse que le rejet de la gauche qui s'installe. Mais les chiffres sont clairs. Les jeunes sont 10 fois plus nombreux à se dire de droite qu'à s'afficher de gauche. Si l'on prend en compte leur milieu social et ecclésial, on pourrait a priori les situer dans les secteurs réputés les plus bousculés par l'élection de Jorge Bergoglio, ce pape que les médias internationaux qualifient volontiers de « pape de gauche » – ce que l'intéressé a toujours nié.

Comment ils aiment (beaucoup) François. Les a priori, il faut s'en méfier. En tous cas, l'étude les remet en cause. On peut avancer l'hypothèse que les jeunes catholiques apparaissent comme plutôt plus « bergoglioïstes » que leurs aînés, ou plutôt qu'ils acceptent plus facilement de se laisser bousculer par François. Alors, oui, ils l'aiment beaucoup, comme la majorité des catholiques, jeunes ou pas, dans le monde. 41% estiment que les paroles, les gestes et les écrits du pape ont une influence dans leur vie de foi et leur vie personnelle. 45% ont une opinion plus positive de l’Église depuis que l'Argentin a succédé à l'Allemand. 3% seulement confessent une opinion moins positive.

Au-delà de la personne, il y a les idées. 62% se sentent proches ou très proches des positions de l’Église sur l'accueil des migrants et des réfugiés, un thème central du pontificat actuel, et 73% des thèses de Laudato Si' et des positions de l'Église sur l'écologie. Des scores proches de l'adhésion à la doctrine de l’Église sur la défense de la vie (72%) ou sur la sexualité (70%), deux thématiques longuement développées depuis le pontificat de Jean Paul II. Dans les détails il est vrai, ceux qui se disent « très proches » sur les questions migratoires ne sont que 25%, contre 52% sur le défense de la vie. La structure de l'adhésion n'est donc pas aussi solide, ce qui est logique pour une génération située très à droite.Mais inversement, le discours du pape qui veut « des ponts et pas des murs » semble fonctionner comme un frein puissant par rapport à la séduction des idées d'extrême-droite, assez faible chez les JMJistes.

Un paradoxe pourrait en cacher un autre. Sur la vision des autres religions, les jeunes catholiques semblent plus en phase avec le discours de Benoît XVI contre le relativisme qu'avec celui de François sur la proximité de toutes les religions. 55% d'entre eux professent qu'il n'y a qu'une seule vraie religion (dont 44% qui estiment que d'autres religions contiennent aussi des vérités de base). Soit 10 points de plus qu'en 2011. Les valeurs d'identité progressent ici aux dépends des valeurs d'altérité. Les « cathos ++ » sont plus affirmés dans leur adhésion à la vérité de la foi chrétienne.

Jean-Pierre DENIS, Directeur de la rédaction du journal LA VIE

Les jeunes catholiques en 2016 - Une étude exclusive

Alors que 35.000 Français se préparent à partir pour les JMJ, notre étude dresse un portrait précis des jeunes catholiques. Tous très engagés, pratiquants, proches des positions de l'Église et du pape François.

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