::+:: Pédophilie : le pape François hausse le ton !


Les évêques ayant fait preuve de « négligence » dans la gestion des affaires pédophiles au sein du clergé seront « révoqués » de leurs fonctions. Selon les termes de la Lettre apostolique intitulée « Comme une mère aimante » , publiée le 4 juin dernier par le Saint-Siège sous forme de motu proprio, la mesure touche également les éparques, les supérieurs majeurs des instituts religieux et des sociétés de vie apostolique. Il est précisé qu’en cas d’indices probants, la congrégation compétente peut désormais engager une enquête pouvant se conclure par un décret de démission, qui sera toujours soumis à l’approbation du Pape.

La nouvelle mesure

Dans le cadre de l’enquête, l’intéressé peut fournir « documents et témoignages » et assurer sa défense. Le document prévoit la création d’un « collège de juristes » chargé d’assister le Pape avant toute décision « définitive ». Lequel collège pourrait être composé de cardinaux et d’évêques, a précisé le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. Un évêque sera reconnu coupable de « négligence » dès lors qu’il aura « accompli ou omis » des actes provoquant « un grave dommage à autrui » au plan « physique, moral, spirituel ou patrimonial ».

« Il ne s’agit pas d’une nouvelle loi mais d’une nouvelle procédure », a bien souligné le père Lombardi. Et la « négligence » n’étant pas considéré un « délit », quatre Congrégations romaines – pour les évêques, pour l’évangélisation des peuples, pour les Églises orientales et pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique – seront appelées mais pas la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Droit canon

La révocation des évêques pour « motifs graves » était déjà prévue dans le droit canon de 1983 (1395 § 2) mais pas dans le cas de « négligence » dans l’exercice de leurs fonctions. Le nouveau motu proprio, pour les rendre plus efficaces, complète celui de Jean Paul II Sacramentum Sanctitatis Tutela du 30 avril 2001, et une mise à jour voulue par Benoît XVI, en juillet 2010, dictant de « nouvelles normes sur les délits les plus graves « , notamment les abus sexuels commis sur des mineurs par des membres du clergé.

Promesse tenue

« Un évêque qui change un prêtre de paroisse quand on détecte qu’il est pédophile est un inconscient, et le mieux qu’il puisse faire c’est de présenter sa démission. Est-ce clair ? », avait déclaré le pape François aux journalistes à bord de l’avion le ramenant du Mexique à Rome, en février dernier. Il s’exprimait sur le sentiment des victimes, encore aujourd’hui, de ne pas être assez protégées. Et il avait ajouté : « Oui, il faut continuer (…). La pédophilie est une monstruosité, parce qu’un prêtre est consacré pour amener un enfant à Dieu et là il le dévore dans un sacrifice diabolique, il le détruit », promettant alors un renforcement des mesures sur tous les fronts.

Rien à voir avec l’affaire de Lyon

Rien à voir avec l’affaire de Lyon, a précisé le porte-parole du Saint-Siège. Selon le Vatican, le cardinal Barbarin a fait preuve d’une « extrême responsabilité ». Dans l’entretien accordé au journal La Croix publié mardi 17 mai 2016, le Pape avait apporté son soutien au cardinal français, soulignant qu’il était « un courageux, un créatif, un missionnaire. Nous devons maintenant attendre la suite de la procédure devant la justice civile », avait-il alors commenté. Selon lui, le cardinal Barbarin ne doit pas démissionner : « Non, ce serait un contresens, une imprudence, avait-il répondu aux journalistes, on verra après la conclusion du procès. Mais maintenant, ce serait se dire coupable ». Le 20 mai dernier, le cardinal Barbarin a été reçu par le pape François.

ISABELLE COUSTURIÉ pour ALETEIA

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