::+:: Le pape canonise une luthérienne convertie et un mystique polonais



Les reliques d’Elizabeth Hesselblad et de Stanislas de Jesus et Marie, lors de la cérémonie de canonisation Place Saint-Pierre le 5 juin 2016. / Alessandra Tarantino/AP

Deux « témoins exemplaires (du) mystère de résurrection ». Le pape François a brièvement qualifié ainsi la religieuse suédoise Marie Elisabeth Hesselblad (1870-1957) et le père polonais Stanislas de Jésus et Marie (1631-1701), qu’il a canonisés ce 5 juin au cours d’une messe célébrée place Saint-Pierre sous un soleil déjà estival. Environ 250 catholiques suédois étaient présents ainsi qu’une représentante du gouvernement suédois. La Pologne était représentée par son président de la République en personne.

L’association des deux saints, dont les portraits étaient déployés sur la façade de la basilique vaticane, n’était pas sans rappeler deux futurs voyages du pape François prévus au prochain semestre. Le premier en Pologne, fin juillet, pour les JMJ et le second, en Suède, fin octobre, en vue du 500e anniversaire de la Réforme protestante promue par Martin Luther.

Restauratrice des « brigittines »

L’œcuménisme a justement imprégné la vie d’Elisabeth Hesselblad, sans attendre le Concile Vatican II. Cette femme est en effet née dans une famille luthérienne de 13 enfants, qu’elle a aidée financièrement en partant, jeune, travailler à New York comme infirmière. Elle s’est convertie en 1902 au catholicisme et a gagné Rome deux ans plus tard, entrant chez les carmélites.

Elle est connue pour avoir restauré, en 1911, l’ordre religieux des « brigittines » fondé en 1363 par Brigitte de Suède, sainte que Jean-Paul II proclama co-patronne de l’Europe. Marie Elisabeth Hesselblad compte aussi depuis 2004 comme « Juste parmi les Nations » pour avoir sauvé des juifs pendant la Seconde guerre mondiale, à Rome.

« Très sensible aux injustices sociales »

La figure de Stanislas de Jésus et Marie renvoie, elle, à d’autres thèmes mis en avant par le présent pontificat. Radio Vatican décrit ce père polonais, né Jan Papczynski, comme « très sensible aux injustices sociales ». La propre vie du fondateur, en 1673, de la congrégation des Clercs mariaux de l’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie a été marquée « par les difficultés et la maladie ». Son ordre religieux reste toutefois aujourd’hui modeste, avec moins de 500 membres dans une quinzaine de pays.

Dans son homélie, le pape François – lui-même un religieux – s’est très peu attardé sur les parcours des deux saints, comme il évite de le faire à chaque canonisation. Il s’est plutôt appliqué, à partir des textes de la liturgie dominicale, à montrer comment, par « la tendresse de Dieu incarnée » en Jésus-Christ, « opère l’immense compassion du Père », reprenant une thématique largement développée durant le jubilé de la miséricorde en cours.

Sébastien Maillard (à Rome) pour le journal La Croix.

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