::+::LA MACHINE D’ANTICYTHÈRE COMMENCE À LIVRER SES SECRETS !

La Machine d’Anticythère est considérée par beaucoup de spécialistes comme l’un des premiers ordinateurs analogiques de l’histoire de l’humanité. Des fragments ont été retrouvé dans une épave en 1901 et ils ont été étudiés par de nombreux scientifiques durant ce dernier siècle. Oui et les efforts des chercheurs ont visiblement payé car ils commencent enfin à livrer leurs secrets.


L’histoire commence en 1900. Deux bateaux de pêcheurs d’éponges grecs étaient en route vers l’Afrique du Nord lorsqu’ils ont été surpris par une tempête au large.

Voici un des fragments découverts à bord de l’épave.

Ils ont alors décidé de faire escale sur la côte nord-est de l’île d’Anticythère, une île située entre Cythère et la Crète.

L’épave a été découverte un peu par hasard par des pêcheurs en 1900

Profitant d’une accalmie, un certain Elias Lykopantis a sorti son matériel de plongée afin d’explorer les fonds marins de la région. En remontant, il a raconté à ses collègues qu’il avait vu des hommes nus et des chevaux.

Il ne le savait pas à l’époque mais il venait de découvrir l’épave antique d’une ancienne galère romaine, une galère dont le naufrage remontait à 87 ou 60 av. J.-C.

Toutefois, les pêcheurs ont pris la décision de ne pas modifier leurs plans et ils ont donc attendu de revenir au pays pour prévenir les autorités.

Surpris par la découverte, le gouvernement grec a immédiatement dépêché des navires de sa marine sur place. Les personnes présentes à leur bord ont alors commencé à renflouer l’épave. Le processus a duré plusieurs mois et il s’est ainsi terminé en septembre 1901.

La pêche a été particulièrement fructueuse. La galère avait en effet les soutes remplies de statuettes de bronze et de marbre, avec de nombreux objets divers comme des instruments chirurgicaux de l’époque. Plusieurs fragments se trouvaient aussi à son bord mais ils ont été rapidement mis de côté car ils ne présentaient aucun intérêt visible.

Les fragments de la machine ont été mis de côté dans un premier temps

Il a donc fallu attendre un an pour que l’archéologue Valerios Stais ne se penche sur ses fragments. Contre toute attente, il s’est alors rendu compte que l’un d’entre eux laissait apparaître des engrenages incrustés avec des inscriptions incompréhensibles. Il n’est cependant pas parvenu à rassembler toutes les pièces du puzzle.

Albert Rehm, un philologue allemand, a entendu parler de ces fragments quelques mois plus tard et il a alors émis l’hypothèse qu’il s’agissait d’un calculateur astronomique.

Il a fallu attendre une cinquantaine d’années pour confirmer cette théorie. En s’appuyant sur un procédé de désoxydation électrolythique et sur des radiographies aux rayons X, le physicien Derek J. de Solla Price a en effet mis en évidence une partie de la mécanique du dispositif, un dispositif qui comptait une vingtaines de roues dentées mais également des axes, des tambours, des aiguilles et pas moins de trois cadrans gravés avec des inscriptions faisant référence à des signes astronomiques.

En approfondissant ses recherches, il s’est aussi rendu compte que l’un de ces mécanismes évoquait un cycle lunaire datant de l’époque de Babylone.

Toutefois, il a du interrompre ses recherches assez rapidement car il ne pouvait pas démonter le mécanisme sans l’endommager. Il a donc fallu attendre les années 2000 pour que ces fragments reviennent sur le devant de la scène. Mike Edmunds et Tony Freeth ont en effet eu l’idée d’utiliser un scanner à rayons X pour obtenir des images plus précises.

Des chercheurs ont déchiffré les inscriptions présentes sur certains fragments

Cette initiative a porté ses fruits et les deux scientifiques ont alors rassemblé une équipe pluri-disciplinaire de plusieurs chercheurs afin de travailler sur ces images.

Là, ils se sont rendus compte que l’artefact était capable de faire pas mal de choses, comme de mesurer les phases de la lune, suivre les mouvements des cinq planètes connues à l’époque et même… prédire les éclipses.

Mais ce n’est pas le plus intéressant car ces chercheurs sont aussi parvenus à traduire une partie des inscriptions figurant sur ces fragments. Ils ont d’ailleurs publié une étude la semaine dernière pour partager leurs découvertes.

Contrairement à ce que l’on pensait, ces inscriptions n’ont rien à voir avec un quelconque manuel d’utilisation et elles se concentrent davantage sur la philosophie des inventeurs de l’appareil, un peu comme un manuel d’astronomie.

Elles évoquent notamment les liens entre les mouvements du ciel et ceux des planètes mais aussi la manière dont les Grecs se représentaient l’univers.

Alors bien sûr, il reste encore de nombreuses inscriptions à traduire, mais cela n’en reste pas moins une avancée majeure. La Machine d’Anticythère aura en effet tenu plus d’un siècle avant de révéler ses premiers secrets.

FRÉDÉRIC PEREIRA pour Fredzone


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