::+:: Spiritualité – Ma Galilée


C’est au printemps que l’espérance ne connaît pas de limites. C’est la saison pour commémorer les bonnes nouvelles. Dans la petite histoire de l’Église d’Acadie, c’est le 7 avril 1604 qu’un jeune prêtre de Paris, Nicolas Aubry, embarquait sur un bateau pour accoster sur les côtes de la baie Ste-Marie et évangéliser la colonie naissante.

Avec les missionnaires, il est venu annoncer: «Si le Christ n’était pas ressuscité, nous ne serions pas venus ici. Il est ressuscité et vous attend en Galilée». Avant d’être un lieu géographique, la Galilée est le lieu où nous avons les pieds plantés. Notre Galilée, c’est notre terre d’Acadie!

C’est ici que le Christ donne rendez-vous, mais Il n’est pas toujours reconnu. Les chrétiens d’aujourd’hui ressemblent aux premiers disciples: ils ne reconnaissent pas le Ressuscité. Ils sont aveuglés par leurs larmes, leurs déceptions et leurs peurs.

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Au sujet des apparitions du Ressuscité, les disciples se disaient entre eux: «C’est trop beau pour être vrai». Le monde ne peut pas imaginer un Dieu si proche qui se soucie des aléas de la vie humaine. C’est pourtant là où se trouve la fraîcheur de l’Évangile.

Le pape François pointe plusieurs lieux privilégiés pour rencontrer le Ressuscité: la famille, les pauvres, la création, etc. Dans la nature qui se renouvelle chaque année, c’est la victoire de la vie qui se manifeste. Lorsque des gens font un usage raisonnable des biens qui nous sont confiés, ils répondent à l’invitation du Christ d’annoncer la résurrection à toute la création.

La Galilée, c’est parfois la maladie, le désespoir, et même la mort. Le Ressuscité est tout près lorsque des gens souffrent, lorsque plus rien n’a de sens et que l’avenir est bouché. Lorsqu’il ne reste que les larmes et que le seul lieu de rencontre est une tombe dans le cimetière. Il est là, mais Il n’est pas reconnu. Marie-Madeleine pleurait près du tombeau et prend Jésus pour le jardinier. Elle n’arrive pas à croire que le Christ vient à sa rencontre là où tout semblait perdu. Il lui dit: «N’aies pas peur… ne fais pas peur aux autres».

Dans quelques semaines, la vie va reprendre sur nos quais, à bord des bateaux et dans les usines. Nos lieux de travail vont s’activer. C’est la Galilée de plusieurs. Pierre et ses amis étaient dans une barque en train de gagner le pain quotidien lorsque le Vivant vient vers eux en marchant sur les eaux. Ils ne peuvent s’imaginer que le Ressuscité se soucie de leur travail et de leur manque de poisson. Ils le prennent pour un fantôme. Il leur dit: «Avancez au large, jetez les filets».

Il est aussi là lorsque certains sont rassemblés en son nom. Même ceux-là ne le reconnaissent pas. Il entre dans les maisons d’Église. Il partage le repas. Il a les traits d’un étranger. Les disciples d’Emmaüs aussi ne l’ont pas reconnu. À ses disciples, Il doit leur montrer ses plaies. Il leur fait le plus cadeau qui soit en disant: «La paix soit avec vous».

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La Galilée, c’est ici! Pour nous, c’est l’Acadie qui se fait belle en ces jours de printemps. Ses enfants veulent aussi embellir leur coeur de la belle espérance que l’avenir repose sur la confiance. Pendant le temps pascal, l’étoile du tricolore devient pour les croyants l’étoile du matin qui annonce le retour imminent du soleil du Ressuscité.

Pour moi, la survie d’un peuple qui aurait dû disparaître et le désir de faire le grand ménage du printemps dans des institutions qui nous ont servi, c’est un signe de l’espérance du Ressuscité qui défie toute logique humaine, et toute prévision statistique.

Pâques, c’est la fête des audacieux, de ceux qui ouvrent large les portes et les fenêtres pour faire entrer l’air frais lors que tout semble perdu et fini. La vie reprend… pas toujours où l’on pense et où l’on cherche. Il y a un avenir pour ceux qui ne mettent pas de frein à l’espérance.

Alors que la sève coule autant que les torrents sous les embâcles, Pâques est la fête de ceux qui ont choisi de vivre avec le cœur et de faire confiance à leurs intuitions profondes.

Ouvrir son coeur aux secrets divins donne du vent à l’espérance.

Par Serge COMEAU de Acadie Nouvelle

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