::+:: Miracle ? Le catholicisme est (un peu) de retour…



Il se dit – à la façon d'un "mettez-vous bien ça dans la tête" – que toutes les religions se valent. Et pour rendre cet oukase imbécile plus légitime on évoque, à coups de massue, les "religions du livre" à savoir le judaïsme, le christianisme et l'islam. Ouvrez l'Ancien Testament puis le Coran, parcourez ou lisez et cherchez la moindre ressemblance.

Certaines religions – et il s'agit là d'un tout autre débat – dégagent plus d'émotions, sacrifient plus au beau que d'autres. Tel n'est pas le cas du judaïsme qui n'est qu'une longue et admirable dispute avec Dieu et entre rabbins magnifiques. D'où une propension à la controverse intellectuelle qui a permis à un tout petit peuple, les Juifs, de survivre alors même qu'on le noyait dans une mare de sang. De cette religion l'exaltation mystique, celle qui vous prend aux tripes et fait chavirer l'âme est absente. 

Le protestantisme a, lui aussi, ses qualités.

Une sobriété qui marque ses temples et ses rites, loin des fastes naguères honnis de l'Eglise catholique. Mais les protestants ont un petit problème avec la Vierge Marie. La plus bouleversante des prières chrétiennes, celle qui rend hommage à la mère, à la femme, et au "fruit de ses entrailles", leur reste en travers de la gorge.

C'est donc du catholicisme que nous allons parler. Car point n'est besoin d'être catholique pour être remué au plus profond de soi-même par un Ave Maria de Schubert ou de Gounod, par un Requiem de Mozart ou de Verdi. Pas plus qu'il est nécessaire d'être baptisé pour admirer le Mont Saint-Michel, Rocamadour et pour penser que la terre de France a inscrit pour l'éternité des milliers d'églises dans son paysage.

Quelques signes montrent que le catholicisme vit aujourd'hui le début d'un deuxième souffle. Pas de quoi remplir les églises, certes. Mais de quoi redonner un peu de vie à des édifices désertés par la ferveur. Près de Paris, à Argenteuil, il y a une basilique qui porte le nom de Saint-Denys. Elle n'a ni la célébrité ni la splendeur de celle de Saint-Denis. Mais c'est là-bas qu'est conservée la Sainte Tunique, le vêtement que portait le Christ au moment de périr sur la Croix.

On l'expose rarement. Tous les 50 ans. Et ça s'appelle l'ostension. Je rassure ceux qui me connaissent : je n'ai appris ce mot qu'il n'y a que 48h... Pendant une quinzaine de jours la Sainte Tunique a été montrée au public. Et 200 000 fidèles se sont déplacés pour la voir. 200 000 ! Ce n'est quand même pas rien ! Quelle radio, quelle télévision a invité un curé, un évêque, un théologien pour en parler ?


Quelle radio, quelle télévision a convié pour l'entendre le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine ? Vous ne le connaissez pas ? Normal, il n'intéresse pas les médias. Alors que n'importe quel imam "modéré" ou "fondamentaliste" aura son temps d'antenne pour dire du bien de l'islam ou pour vomir sur Finkielkraut. L'autre jour le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine a prêché à Saint-Sulpice. L'église était pleine et un millier de personnes qui n'avaient pu entrer étaient sur la place.

Cet homme a été touché non pas par la grâce mais par la colère que lui inspire le monde devenu chaos et mensonge.

Son verbe est enflammé : il brûle d'une passion que s'interdisent les prélats de l'Eglise. Le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine est un homme libre et c'est pour ça qu'il attire la foule. Il faut l'écouter comme on écoute une belle musique. Même si vous n'êtes pas toujours d'accord avec les paroles (ce qui est mon cas) la mélodie qui sort de sa bouche est une liturgie envoutante. Ecoutez son prêche sur le mal. Avec cette citation de Baudelaire : "la plus grande ruse du démon est de faire croire qu'il n'existe pas". Comment croire en Dieu sans croire à l'existence de Satan ? Et le père Zanotti-Sorkine le nomme avec la précision et la fougue qu'on met à combattre un ennemi.

C'est Satan, pas l'homme, qui a enfoncé une couronne d'épines sur le front du Christ… C'est Satan, portant la casquette d'un SS, qui a séparé les enfants de leurs mères pour les mettre dans un four crématoire… C'est Satan qui a envoyé des millions d'êtres humains au Goulag… C'est Satan qui, le sourire aux lèvres, actionne sa ceinture d'explosif dans un bus pour tuer 40 innocents… Le père Zanotti-Sorkine attire, comme on l'a dit, les foules. Comme la Sainte Tunique. Pour quelle raison ?

Il y a en France des gens qui ont l'impression que le sol se dérobe sous leurs pieds. Alors ils cherchent un bouclier. Un glaive peut-être un jour… Ils viennent ou reviennent à l'église. Parfois il s'agit pour eux d'une foi retrouvée. Parfois juste le besoin d'une pratique religieuse dans le but de se retrouver à côté de gens qui leur ressemblent. D'autres fois, et sans doute le plus souvent, pour trouver un refuge car leur maison brûle. Je ne suis ni catholique ni musulman. Mais j'attends avec espoir le jour où nos églises seront aussi pleines que les mosquées.

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L'auteur de cet article 




Benoit Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.
Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.


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