::+:: Quand la religion perturbe les soins : « Il y a un vrai problème dans la Loire »


L’initiative n’est pas née de la dernière pluie. Il y a cinq ans, lorsque Christine Cauët prend la présidence de la Licra, elle rencontre l’ensemble des instances de la Loire. Y compris l’Ordre des médecins. « On nous a notamment montré un courrier d’un généraliste, qui éprouvait de plus en plus de difficultés concernant des certificats de complaisance demandés pour que des petites filles n’aillent pas à la gym, à la piscine. Notre réflexion est partie de là. »

En 2015, la Licra lance une enquête auprès de 1 800 praticiens de santé de la Loire, hospitaliers et libéraux. « Nous voulions savoir si leur pratique pouvait être gênée par la culture, l’origine, la foi de leurs patients. Nous avons obtenu plus de 10 % de retours. C’est un beau résultat, d’après des sondeurs ! »

Et c’est surtout un signal fort. « Il y a une demande. Et un vrai problème dans la Loire. » Les différences culturelles ou religieuses influent clairement sur l’examen clinique : dans 56 % des réponses, l’exercice médical ne peut pas se faire suivant les critères de l’exercice normal de la médecine…

I L’influence de la famille


Le constat est dressé dans plusieurs disciplines, particulièrement en gynécologie et en pédiatrie. Les conséquences ? « Cela met le médecin dans une difficulté qui peut devenir coupable. Et il y a indiscutablement une perte de chance vis-à-vis du patient pris en charge de façon incorrecte. »

D’autres écueils ont été soulevés. Le fait d’être un praticien femme, qui rend plus difficile un exercice « normal » de la médecine. Ou encore l’influence de la famille qui, avec ses convictions culturelles et religieuses, peut être source de pressions davantage que le patient lui-même, notamment en ce qui concerne la prise en charge des femmes.

Ce jeudi 3 mars, la Licra a organisé une conférence-débat destinée à restituer les résultats de l’enquête. « Ce rendez-vous s’adresse aux soignants, mais aussi à toute personne intéressée par ce sujet de société ».

Vers une cellule de réflexion ?

La Licra en profitera pour tâter le terrain concernant la création d’une cellule de réflexion. « La demande que nous avons ciblée semble bien être une prise en compte des questionnements des soignants, surtout quand ils sont isolés, sur les réponses à fournir. À commencer par cette interrogation de base : si je ne peux pas faire mon examen correctement, est-ce que je peux apporter les bons soins ? » Cette cellule, si elle voit le jour, serait la première du genre en France.

Article sur Le Progrès.fr

Posts les plus consultés de ce blog

::+:: La seule religion d’Etat (4eS)

::+:: Les preuves historiques de l’existence de Jésus (3) : Témoignages externes sur les 4 évangiles

::+:: Qu’est-ce que le miracle eucharistique ?