::+:: Le pape s'en ira-t-il à la fin de l'année?



Le bal des rumeurs autour du pape François continue son chemin infernal, comme en témoigne cet article de perspective que le Tages-Anzeiger vient de publier sous la plume de Michael Meier, son spécialiste en affaires vaticanes.

Ce journaliste converti au catholicisme, et qui plus est théologien – il a étudié entre autres universités prestigieuses à la Grégorienne à Rome – s’interroge ouvertement sur le Migros-data du pape en posant cette question provocatrice: «Le pape François s’en ira-t-il à la fin de l’année?» Et l’expert de scruter avec des yeux de lynx l’agenda papal, ou plutôt les invitations qu’il aurait déclinées ou n’aurait pas annoncées pour le cours de l’année 2017: pas de visite en Argentine, ni non plus aux églises luthériennes d’Allemagne pour les festivités de 2017 à Wittenberg, alors qu’en 2016 il passera dire bonjour aux protestants de Suède. Rien, nul voyage que le Vatican aurait confirmé peu ou prou pour l’année 2017.

Signe pour les spécialistes, nous dit Michael Meier, qu’un hypothétique retrait du pape à la fin 2016, par exemple pour la clôture de l’année sainte ou pour le jour de ses 80 ans, pourrait se concrétiser. Ce qui, pour notre confrère du Tages-Anzeiger ne serait que tout bénéfice pour la renommée et la légende en formation du pape François, qui tirerait ainsi sa révérence à l’image d’Evita Peron – il n’a pas peur de la comparaison! – suffisamment tôt pour garantir le mythe.

La Curie invitée en mode spartiate


«Se non è vero, è ben trovato!», s’écrient en chœur les amateurs de frisson. Pour l’heure néanmoins, c’est à la dure et dans la simplicité que le pape François a invité la Curie, ce grand corps malade de l’Eglise, à faire retour sur elle-même à l’occasion du Carême.

C’est le journal La Croix qui détaille avec gourmandise l’expédition: «Comme à chaque Carême depuis le début de son pontificat, le pape François et ses principaux collaborateurs de la Curie séjournent dans une maison religieuse hors de Rome pour une semaine d’exercices spirituels». Voici pour la mise en bouche. Car au plat principal, les détails semblent réjouir notre confrère de La Croix: «La scène est représentative du pontificat. Dimanche 6 mars après-midi, au Vatican, le pape François a pris place à bord d’un autocar transportant une soixantaine de ses collaborateurs de la Curie romaine (préfets, présidents et secrétaires des dicastères) pour gagner un établissement religieux situé à Ariccia, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Rome. Castel Gandolfo, la résidence d’été des papes, est tout proche. Mais le pape jésuite préfère séjourner dans cette sobre maison religieuse, qu’il a lui-même choisie il y a trois ans, pour y effectuer les exercices spirituels de Carême. Avec ces exercices spirituels délocalisés, la Curie – dont le pape avait diagnostiqué en 2014 quinze «maladies» – est désormais obligée d’effectuer une retraite de Carême approfondie. Dimanche soir, celle-ci a commencé par un temps d’adoration eucharistique.»

Et Sébastien Maillard de conclure: «Les années précédentes, Jorge Bergoglio s’est toujours assis au milieu de ses collaborateurs pendant les méditations. L’habitude aussi est que cardinaux et évêques règlent eux-mêmes leur séjour (la pension complète est de 50 à 55 € par jour). Tout cela concourt à inscrire ces exercices spirituels dans la réforme de la Curie qui, pour le pape François, appelle d’abord un changement d’attitude.»

L’appui d’une star télévisée de la prédication


Pour favoriser le changement d’attitude, le pape a par ailleurs prié l’une des stars télévisées de la prédication transalpine, le Père Ermes Ronchi – il a sa notice sur Wikipédia – de prêcher la retraite. La Croix ajoute: «D’après Radio Vatican, il a raconté que le pape François l’avait joint lui-même sur son portable pour lui proposer de prêcher leur retraite. Une manière directe également très représentative du présent pontificat.»


Et que leur a-t-il raconté, à la Curie, le Père Ronchi? Pour cela, il faut aller butiner dans les feuillages de Vaticano Insider, le blog spécialisé de la Stampa et faire ensuite son miel spirituel. «Songez donc à la beauté d’une Eglise qui n’allume pas sur elle-même mais sur le Christ ses projecteurs», s’est ainsi écrié, au troisième jour, le Père Ermes Ronchi. Qui tout aussitôt a planté ses banderilles: «Pour cela, nous en avons encore du chemin à faire!»

Et comme l’on commémorait aussi, mardi, la Journée de la Femme, Ermes Ronchi ne les a pas oubliées dans sa prédication, même si – et surtout puisque – son audience était entièrement masculine: «La femme est au centre de l’Evangile», lui a-t-il rappelé. La femme est au centre de l’Evangile, ça, c’est sûr. Mais au centre de la Curie, ça, c’est une autre chanson.
De Michel Danthe pour Le Temps.ch

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