::+:: La pénitence, pour retrouver la pleine communion avec Dieu


La pénitence a partie liée avec la conversion. Elle est ainsi au cœur de la révélation biblique comme réponse à l’appel de Dieu pour trouver la pleine communion avec lui. Elle manifeste par des actes le repentir de qui est affligé par sa faute et s’efforce d’en réparer les conséquences. Le mot renvoie au latin paenitentia,(ne pas avoir assez de ; ne pas être satisfait de), et non à poenitentia (peine). Dans une approche spirituelle, la plus grande peine du pénitent est le manque de communion avec Dieu, le manque d’amour de son prochain.

► Comment la Bible parle-t-elle de pénitence ?

L’homme biblique a conscience d’être pécheur devant Dieu, collectivement et personnellement, et il en souffre. La Bible hébraïque contient quantité de liturgies pénitentielles (Jl 1, 13s), des formulaires de lamentation et de supplication (Ps 79), la description de pratiques par lesquelles les pécheurs manifestent leur repentir et implorent le pardon.

> Lire aussi : Les mots du pardon

Mais les signes extérieurs de pénitence – dormir sur un sac, se couvrir de cendre, déchirer ses vêtements, jeûner, confesser ses péchés – peuvent être sans valeur devant Dieu, mettent en garde les prophètes. Revenir à Dieu suppose de changer de conduite. Plus précisément, c’est le « cœur », lieu du désir profond, qui doit changer.

Cependant, par ses seules forces, l’homme n’y parvient pas. Il lui reste à désirer de tout son cœur la conversion, un don de Dieu : « Fais-moi revenir, et je reviendrai » (Jr 31, 18s). Le Seigneur répond par la promesse de la nouvelle alliance, dans laquelle il inscrira sa loi dans les cœurs (Jr 31, 33).

Dans l’Évangile, Jésus prêche la conversion et met en garde à son tour contre les signes extérieurs de pénitence (Mt 6, 16s). Il pardonne les péchés de ceux qui reconnaissent avoir besoin de guérison (cf. Mc 2, 17). C’est le début pour eux d’une vie nouvelle, à l’exemple de l’emblématique pécheur public Zachée (Lc 19, 5-9) qui assume les conséquences de ses fautes : « Si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. » Le converti vit de la loi nouvelle, la charité.

► Que dit l’Église de la pénitence ?

Dans la primitive Église, le pouvoir de pardonner les péchés laissé par Jésus aux disciples (Mt 18) consiste à baptiser ceux qui se convertissent après avoir changé de vie. Mais comment vivre à hauteur de son baptême ? En péchant après « que l’on a eu part à l’Esprit Saint », « on crucifie de nouveau le Fils de Dieu et on le tourne en dérision », juge l’auteur de la Lettre aux Hébreux (6, 6), aussi « il est impossible d’être amené à une nouvelle conversion ».C’est le début d’une longue évolution vers le sacrement de la pénitence.

Du IIe au Ve siècle se mettent en place les pratiques de la « pénitence publique » : le chrétien ayant commis une faute grave (adultère, meurtre, idolâtrie, vol…) en fait l’aveu en secret à l’évêque. Il ne peut communier et est astreint à diverses pratiques (jeûne, prières, mortification) manifestant son désir de conversion. La communauté prie pour les pénitents. L’évêque décide de leur réconciliation. Ils réintègrent l’assemblée, parfois après des années.

Dans les siècles suivants apparaissent des barèmes de pénitence utilisables par des moines confesseurs : tel péché, tant de jours de telle pénitence. L’absolution, peu à peu, est donnée sans attendre la réalisation de la pénitence, manifestant que le pardon est gratuit. Les moyens de s’acquitter de la pénitence se multiplient. L’Église remet ces peines en accordant des « indulgences » : pèlerinages, offrandes, dévotions diverses, voire paiement… C’est la protestation de Luther contre le commerce des indulgences en 1517 qui déclenche la Réforme protestante.

Le rituel du sacrement de la pénitence et de la réconciliation issu du concile Vatican II prévoit que le confesseur, après l’absolution des péchés, « recherche avec le pénitent un signe de conversion et de pénitence et (…) le propose au nom de l’Église : prière, partage, effort pour sortir de soi-même, de ses habitudes, et, surtout, service du prochain ».
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Info La Croix .com

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