::+:: Conseiller ceux qui sont dans le doute



ŒUVRES DE MISÉRICORDE (1/7). Pendant le Carême, « La Croix » explore chaque semaine deux œuvres de miséricorde, l’une corporelle, l’autre spirituelle.

Nourri par la prière, le don de conseil – reçu de l’Esprit Saint – se met au service du prochain pour l’aider à découvrir la volonté de Dieu. Il implique de se détacher de son opinion propre pour soutenir l’autre avec sagesse dans ses choix et orientations.

► D’où vient cette expression ?


Comme les autres œuvres de miséricorde spirituelles retenues par la tradition de l’Église, celle qui consiste à conseiller ceux qui sont dans le doute s’inspire des Évangiles et d’autres livres bibliques, qui reviennent sur l’importance du conseil, inspiration de Dieu dans la vie des hommes. Avec « enseigner les ignorants » et « consoler les affligés », elle fait partie de ce qu’on appelle les œuvres de vigilance. Dans le doute, le conseil guide vers la foi et permet de prendre les justes décisions.

Il s’agit du « don par lequel l’Esprit Saint rend notre conscience capable de faire un choix concret en communion avec Dieu, selon la logique de Jésus et de son Évangile, soulignait le pape François (1). De cette manière, l’Esprit nous fait grandir intérieurement (…) et nous aide à ne pas tomber en proie à l’égoïsme et à notre propre manière de voir les choses ».

Dans la Bible, la relation de conseil est souvent évoquée, avec des précisions sur les critères de choix d’un conseiller, par exemple, qui se doit d’avoir une vie droite et de ne pas agir dans son intérêt propre.

► Comment l’Église a-t-elle compris cette œuvre de miséricorde ?


Le doute est profondément inscrit dans la condition de l’homme, de même que sa soif de vérité. Si le doute est nécessaire, il est aussi source de souffrance, de tensions, lorsqu’il empêche de prendre une décision ou d’assumer une conviction.

Pour le moine et théologien allemand du IXe siècle Raban Maur, l’aumône peut être aussi spirituelle. Ainsi, « celui qui reconduit l’errant sur la voie de la vérité » et « celui qui instruit l’ignorant, qui annonce la parole de Dieu à ses voisins » pratiquent une haute forme de charité. Les prêtres exercent de façon particulière cette fonction de conseillers.

Mais chaque fidèle, par son baptême, est aussi appelé à conseiller ceux qui sont dans le doute, illuminé par la parole de Dieu, de même qu’il est appelé à discerner dans sa propre vie le chemin à suivre. La spiritualité de saint Ignace de Loyola et ses exercices sont une ressource particulièrement féconde pour l’Église.

► Comment vivre l’œuvre de conseil ?


« Il ne s’agit pas d’une technique, mais c’est une grâce et un don », indique le P. Giovanni Cucci dans son ouvrage Conseiller ceux qui sont dans le doute (2). La condition essentielle pour conserver ce don et le partager est la prière, explique ce jésuite. Le conseil constitue ainsi un trésor « pour toute la communauté chrétienne ». Dieu ne parle pas seulement dans l’intimité du cœur, mais aussi à travers la voix de l’autre.

Pour entendre le conseil, il faut l’humilité des deux parties : l’une pour recevoir, l’autre pour accepter de se confronter à la complexité d’une situation. La société contemporaine, fortement marquée par « la remise en question » des grands points de repère, « l’abondance de l’information », rend d’autant plus centrale cette œuvre de miséricorde.

(1) Audience générale du 7 mai 2014. (2) EMI, 2015, 64 p., 5,95 €.

Article de Marie Balzac pour La Croix
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