::+:: Des dominicains réfutent les thèses du P. Oliva sur le « thomisme gay »

Les thèses du P. Adriano Oliva suscitent bien des controverses. Dans son ouvrage Amours (1), publié en octobre – en plein Synode sur la famille –, ce théologien dominicain entendait démontrer que l’on trouvait dans l’œuvre de saint Thomas d’Aquin la justification de l’amour homosexuel, et donc le bien-fondé de sa reconnaissance par l’Église catholique.

Docteur en théologie et historien des doctrines médiévales, le P. Oliva est également chercheur au CNRS et membre de la Commission léonine, qui est en charge de l’édition critique des œuvres de Thomas d’Equin.

En faveur d’une reconnaissance des couples homosexuels par l’Église

Reconnaissant que le docteur de l’Église déclare l’homosexualité contraire à la nature humaine au sens générique, le P. Oliva affirme néanmoins qu’au niveau de l’individu, « saint Thomas considère l’homosexualité comme une inclination enracinée dans sa partie la plus intime, l’âme, à partir de laquelle s’expriment les affections et l’amour ».

De ce fait, il convient, selon le P. Oliva de distinguer l’homosexualité de l’acte homosexuel pratiqué sans amour. Il en déduit que, « pour cette personne singulière, l’homosexualité ne peut pas être considérée comme contre nature, bien qu’elle ne corresponde pas à la nature générale de l’espèce ».

À partir de ce raisonnement, le P. Oliva estime qu’« un couple homosexuel a un droit fondamental à se former, car l’homosexualité est une composante constitutive de la nature individualisée des deux individus qui s’unissent dans une amitié naturelle et, éventuellement, surnaturelle ». Et il se prononce en faveur d’une reconnaissance et d’une bénédiction de ces couples par l’Église, car cela « renforcerait l’union d’un baptisé avec son partenaire et offrirait un soutien au chemin de fidélité du couple homosexuel ».

Pour d’autres dominicains, il déforme la pensée de Thomas d’Aquin

Mais d’autres dominicains, eux aussi spécialistes de la pensée de l’un des plus importants docteurs de l’Église en matière de théologie, s’emploient à réfuter ces thèses et accusent leur confrère de déformer la pensée de Thomas d’Aquin, et de sortir de leur contexte les passages de la Somme théologique et de la Somme contre les gentils, ses deux œuvres majeures, sur lesquels le P. Oliva appuie son raisonnement.

C’est l’accusation que porte notamment le P. François Daguet, dominicain, directeur de l’Institut Saint-Thomas d’Aquin à Toulouse et directeur de La Revue thomiste. « On ne fait pas de la théologie en extrayant des écrits d’un auteur telle citation pour l’insérer dans une construction élaborée en dehors de sa pensée », dénonce-t-il, dans un texte publié sur le site du mensuel catholique La Nef en décembre.

« Dans le livre du P. Oliva, l’amour est essentiellement subjectif, identifié au sentiment amoureux, et son rapport à la vérité exprimé à travers la sincérité de la personne, poursuit-il. Au rebours, toute l’anthropologie de saint Thomas honore l’aspect objectif de la nature humaine, qui assume la différence sexuelle et, par là, la complémentarité qu’elle implique. »

Le P. Daguet accuse également le P. Oliva de sortir de leur contexte des extraits de l’encyclique Humanae Vitae du pape Paul VI.

Une lecture « fausse » et « irresponsable »

Quelques jours plus tôt, cinq autres dominicains, trois de l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin à Rome, et deux de la Dominican House of Studies à Washington, avaient publié un article dans la revue First Things (traduit en français par Liberté politique ) pour répondre eux aussi aux arguments du P. Oliva.

En conclusion de leur argumentation, ils disaient trouver la lecture du P. Oliva « non seulement fausse mais irresponsable », considérant que « les principes d’interprétation des textes les plus élémentaires ne sont pas respectés » dans son ouvrage. Ils s’inquiétaient également que « le genre populaire du livre » n’ait « la capacité de créer une grande confusion parmi les fidèles catholiques ». Les cinq dominicains jugeaient que répondre aux arguments de leur confrère relevait de l’« obligation morale ».
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Info La Croix .com 

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